L'Agriculteur Charentais 25 avril 2019 à 19h00 | Par Kévin Brancaleoni

Mornac-sur-Seudre, ambassadeur régional

La commune charentaise-maritime représentera la Nouvelle-Aquitaine dans l'émission Le Village préféré des Français. Un bel honneur pour cette escale vivante et accueillante.

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Planté au milieu des marais et de l'estuaire, le village de 
Mornac-sur-Seudre, vu depuis les airs.
Planté au milieu des marais et de l'estuaire, le village de Mornac-sur-Seudre, vu depuis les airs. - © Mairie de Mornac-sur-Seudre

Sous le soleil d'avril, Mornac-sur-Seudre prend des airs de commune méridionale, avec ses maisons aux murs blancs et toits rouges, ses petites ruelles étroites et ses fleurs. Mais nous sommes bien en Saintonge, dans la commune qui représentera bientôt la région Nouvelle-Aquitaine dans l'émission Le Village Préféré des Français. Talmont-sur-Gironde et Ars-en-Ré avaient déjà eu cet honneur du temps de l'ancienne région Poitou-Charentes ; mais, cette fois, c'est parmi 4314 communes de 12 départements différents que le village a été sélectionné. Mais pas de quoi impressionner les habitants, qui commencent à être familiers des caméras, puisque l'émission  La Carte au Trésor, diffusée mercredi dernier, y avait été tournée en novembre.
L'attrait pour ce petit territoire du fond de l'estuaire de la Seudre, à l'entrée de la presqu'île d'Arvert, ne date pas d'hier. « C'est un village né au Moyen-Âge, voire même avant », rappelle le maire, Gilles Sallafranque. Des traces d'activités gallo-romaines ont été retrouvées, mais c'est véritablement à l'époque mérovingienne que le site a éclos. Des cercueils de pierre datant de cette période ont été retrouvées lors de travaux dans l'église Saint-Pierre, au début des années 1950. Ils sont aujourd'hui exposés derrière l'édifice, symbole de l'histoire de Mornac-sur-Seudre à travers les siècles. Avec son architecture romane, son clocher, « l'un des rares de forme oblongue dans le pays saintongeais » selon Gilles Sallafranque, et sa charpente en bois apparente, dont le caractère précieux apparaît pleinement après le drame de Notre-Dame de Paris, elle témoigne de l'âme du village.

Un village vivant

Cette âme vient aussi de la mer. Longtemps, le village a vécu de la présence des marais salants (une activité qui est toujours présentée aux touristes), mais aussi et surtout de la pêche qui a façonné l'habitat. « Il y avait les pêcheurs de haute mer, qui n'étaient pas sûrs de rentrer, qui vivaient dans les petites ruelles étroites où les filets de pêche séchaient entre les maisons », explique Gilles Sallafranque. Un dédale au coeur de la commune a été appelé « quartier arabe », du fait de sa ressemblance avec les casbahs d'Orient. En périphérie vivaient plutôt les pêcheurs de palourdes, crustacés, et bien sûr d'huîtres, avec des maisons plus grandes, signes d'une vie « plus tranquille ». Aujourd'hui, les touristes découvrent l'ensemble à travers des balades en bateau qui les amènent dans l'estuaire de la Seudre. Sur le sien, Frédéric Llaguno leur propose aussi des dégustations de produits de la mer, accompagnant la découverte des marais et de l'ostréiculture. « On a une autre vue sur le village », dévoile-t-il.
Il n'y a donc pas que le bâti qui participe à l'intérêt de ce village saintongeais. Il est vivant. À côté de la mairie, l'école résonne des cris des enfants à l'heure de la récréation. Les habitants ont à disposition une petite supérette, qui fait aussi boulangerie ; mais la présence des touristes a aussi favorisé l'implantation de petits commerces, auxquels s'ajoutent une dizaine de restaurants. À quelques dizaines de mètres de l'église, Prisca Branco et son équipe préparent l'ouverture le soir même du Bar'ouf, dont l'enseigne multicolore attire l'oeil et les compliments des passants. « En avant et en après-saison, ce sont les locaux qui nous font vivre », souligne-t-elle. Les tables de la commune jouissent d'une bonne réputation. « Le patrimoine gastronomique, c'est aussi quelque chose d'important pour nous », indique Gilles Sallafranque, à mesure que l'on passe devant ces adresses qui toutes ou presque mettent en avant les produits de la pêche. Le maire aime faire découvrir les rues du village, distillant les anecdotes, les souvenirs, ajoutant un supplément de vie à une commune déjà bien animée, qui n'a rien d'un musée figé. C'est aussi ça, les villages que la France aime.

 

Gilles Sallafranque, maire de Mornac-sur-Seudre, devant l'église romane qui surplombe le village. En poste depuis 2001, il ne se représentera pas à l'issue de son troisième mandat.
Gilles Sallafranque, maire de Mornac-sur-Seudre, devant l'église romane qui surplombe le village. En poste depuis 2001, il ne se représentera pas à l'issue de son troisième mandat. - © AC

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Le chiffre de la semaine
600 000
C'est la surface, en ha, de maïs (toutes variétés confondues) en Nouvelle-Aquitaine. La région cultive environ 30 % du maïs français. La Charente-Maritime est au 3ème rang régional, derrière les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

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