L'Agriculteur Charentais 01 février 2018 à 01h00 | Par Arvalis

Céréales : Désherber avant tout apport d’engrais

L’automne 2017 : sécheresse exceptionnelle. Novembre : épisode de froid prolongé. Les levées ont été ralenties. Décembre : peuplements parfois assez hétérogènes.

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- © Arvalis

La minéralisation de l’humus, des résidus du précédent et des éventuels apports de produits résiduaires organiques a été fortement réduite. Les interventions de désherbage d’automne ont parfois été suspendues ou leur efficacité a été momentanément perturbée. Le retour de la pluie dès le début décembre et le retour à des températures douces voire exceptionnelles a permis de régulariser les peuplements, de  relancer l’activité des herbicides racinaires appliqués durant la période sèche et de réactiver la minéralisation. Les cumuls de pluies parfois très importants notamment sur le Sud et l’Est de la région ont entrainé une lixiviation importante de l’azote présent dans le sol.
Ces conditions particulières se traduisent par un état général des parcelles très différent des dernières campagnes :
- La croissance et le développement des céréales sont très satisfaisants pour l’instant et sont comparables à ceux observés en 2017 à la même période ;
- Lorsqu’aucune application de désherbage précoce n’a été réalisée (pré ou post levée précoce), les parcelles sont souvent sales ou en cours de salissement en raison de levées d’adventices retardées par la sécheresse ;
- Les reliquats d’azote laissés par les cultures précédentes étaient généralement plus faibles que la normale en raison des bons rendements observés en 2017 notamment en colza, tournesol ou maïs. Cumulés à la minéralisation d’automne plus limitée que la normale et des lixiviations d’azote (lessivage) plus importantes, ils se traduisent par des quantités d’azote dans les sols très variables selon les situations agronomiques ;
- Les cumuls de pluies des dernières semaines ont entrainé une saturation en eau des sols, rendant les parcelles inaccessibles. Les pluies, même limitées, prévues en cours de semaine vont ralentir le ressuyage des sols.

Quelles interventions et quand pour assurer rendement et qualité ?


1 - Avant toute intervention, il est indispensable d’attendre un bon ressuyage des sols pour ne pas dégrader leur structure. Dans un sol saturé d’eau, les plantes plus ou moins asphyxiées ne se développent pas. Leurs besoins en éléments minéraux sont très fortement réduits.
2 - Dans toutes les situations  : Si les parcelles sont sales, les désherbages de rattrapage devront être réalisés dès que les conditions climatiques favorables seront réunies et les sols ressuyés et cela avant tout apport d’engrais. En effet, ceux-ci favoriseraient le développement des adventices et rendraient leur contrôle encore plus difficile.
3 - La conduite des apports d’azote doit être adaptée aux situations agronomiques en tenant compte à la fois de la capacité des sols à couvrir les faibles besoins des cultures dans les prochaines semaines et du niveau de développement des cultures. Si une bande double densité (BDD) est en place, c’est son suivi qui devra déterminer la stratégie à adopter. En l’absence de BDD, on peut retenir 3 grands types de situations :
- Sols superficiels, secteur ayant reçu plus de 250 mm (cf carte pluie ci-dessous) depuis le 1/12 : quand les sols seront ressuyés, si les parcelles sont propres et/ou désherbées, un premier apport de 30 à 40 kgN/ha maximum pourra être envisagé sur la première quinzaine de février dès que les conditions le permettront;
- Sols superficiels, secteurs ayant reçu moins de 250 mm, sols moyens : un premier apport de 30 à 40 kgN/ha maximum peut être programmé vers le 15 février, si les parcelles sont propres, ressuyées et les conditions d’efficacité sont réunies pour garantir son efficacité ;
- En sols profonds, les céréales sont bien développées, les quantités d’azote disponibles dans le sol sont amplement suffisantes pour couvrir les besoins. Une suralimentation azotée accroitrait fortement les risques de verse et favoriseraient les maladies du pied. Aucun apport n’est à envisager pour l’instant. Un nouveau point sera réalisé vers le 20 février.
La forme d’engrais (ammonitrate, urée, solution) n’entraine pas de retard ou d’accélération significative dans la valorisation de l’engrais et ne nécessite pas d’adaptation de la date d’apport proposée.
Attention : même si les conditions sont optimales pour réaliser un apport d’engrais azoté au tallage (sol ressuyé, parcelle propre, T° moyenne > 5°C, pluie de 8 à 10 mm dans les 4/5  jours suivant l’apport), la valorisation par la culture sera de 70% au maximum. La valorisation d’un apport d’engrais azoté peut être encore plus faible dans le cas d’une culture correctement pourvue par l’azote disponible dans le sol.

Rappel règlementaire : La création de la grande région Nouvelle Aquitaine ne modifie pas les dates d’interdiction pour cette campagne : l’arrêté «PAR 2014 pour le Poitou-Charentes» est toujours d’actualité pour la campagne en cours, il était donc interdit d’apporter de l’azote aux céréales jusqu’au 31 janvier.

Fertilisation soufrée


Le soufre se comporte d’une façon similaire à l’azote : sa disponibilité dans le sol dépend éventuellement des apports sur la culture précédente, de la minéralisation en cours d’automne, d’hiver et au printemps, et de l’intensité du lessivage. En sol superficiel, les conditions de l’année vont donc en général augmenter les risques de carences. Cependant, compte tenu de sa sensibilité au lessivage, il est prudent d’attendre la deuxième quinzaine de février pour envisager un apport. Les ajustements de doses en fonction des types de sol et des quantité de pluie seront réactualisées dans le courant du mois de février, lors d’un prochain message.

 

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Le chiffre de la semaine
37 Mt
Le service statistique du ministère de l’Agriculture a estimé le 9 juillet la récolte 2019 de blé tendre en hausse, sans toutefois prendre en compte la canicule de fin juin qui « pourrait affecter les rendements ». « La production de blé tendre atteindrait 37 Mt : elle augmenterait sur un an (+8,5 %) et par rapport à la moyenne 2014-18 (+3,6%) », selon une note. Un bon rendement est prévu, à 73,7 q/ha (+3,9 q/ha par rapport à 2018), supérieur de 5% à la moyenne quinquennale. « La récolte de blé dur subit une chute de 18,6% en un an, sous l’effet du recul des surfaces » à 271 000 ha (-23,4%), leur plus bas niveau depuis 1997, poursuit Agreste. Avec 3,9 Mt, « la production d’orge de printemps est en forte progression (+27,2 % sur un an) essentiellement grâce à la hausse de la sole ».

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