L'Agriculteur Charentais 06 août 2015 à 08h00 | Par l'Agriculteur Charentais

Xavier Beulin : On n’est pas sur un mouvement conjoncturel

Président de la FNSEA

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- © AC

Quel bilan tirez-vous de cette mobilisation ?
Vu l’ampleur de la détresse, je considère qu’il y a plutôt eu une bonne tenue des mouvements. Cette crise est à la fois liée à une situation économique de plus en plus dégradée ces derniers mois, au niveau des prix pour la viande bovine, le porc et le lait, auxquels on pourrait peut-être ajouter les fruits et légumes. Elle a été amplifiée par deux éléments : d’une part, les conditions climatiques qui tendent la situation dans une grosse cinquantaine de départements français, critique pour les cultures d’été et le bilan fourrager, et d’autre part les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu qui ont donné au mouvement une résonnance jamais vue jusqu’à maintenant. Cette crise dont les ingrédients sont plutôt conjoncturels révèle aussi une situation beaucoup plus dégradée de l’agriculture française sur le plan structurel. Techniquement, on est très bon, mais le problème reste le coût du travail. A titre d’exemple, les abattoirs ne sont pas compétitifs : entre un abattoir français et un abattoir allemand qui emploient 300 personnes, la différence liée aux charges salariales est de 3 M€ par an. On ne demande pas à baisser le SMIC français, on peut peut-être alors payer nos produits quelques centimes de plus. 

En quoi la valorisation de l’origine France pourra-t-elle contrebalancer ce déficit de compétitivité ?
Nos concitoyens sont prêts aujourd’hui à soutenir les produits français, pour peu qu’on leur donne l’indication d’origine. Or cette crise révèle aussi la difficulté que l’on a pour identifier les produits proposés au consommateur. Il faut distinguer ce qui relève de l’obligation et ce qui est volontaire.

L’Etat a annoncé des mesures sur l’approvisionnement local dans la restauration collective. Les choses vont progresser ?
En restauration collective, ce n’est pas le guide du ministre qui va faire prendre de l’ampleur à l’approvisionnement local. Il y a des ajustements à faire.

Lire la suite dans notre édition du 7 août

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Le chiffre de la semaine
37 Mt
Le service statistique du ministère de l’Agriculture a estimé le 9 juillet la récolte 2019 de blé tendre en hausse, sans toutefois prendre en compte la canicule de fin juin qui « pourrait affecter les rendements ». « La production de blé tendre atteindrait 37 Mt : elle augmenterait sur un an (+8,5 %) et par rapport à la moyenne 2014-18 (+3,6%) », selon une note. Un bon rendement est prévu, à 73,7 q/ha (+3,9 q/ha par rapport à 2018), supérieur de 5% à la moyenne quinquennale. « La récolte de blé dur subit une chute de 18,6% en un an, sous l’effet du recul des surfaces » à 271 000 ha (-23,4%), leur plus bas niveau depuis 1997, poursuit Agreste. Avec 3,9 Mt, « la production d’orge de printemps est en forte progression (+27,2 % sur un an) essentiellement grâce à la hausse de la sole ».

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