L'Agriculteur Charentais 21 février 2019 à 10h00 | Par Pascal Berteau

Des propositions pour l’avenir de la filière

Les 5 et 6 février, la Fédération Nationale Bovine (FNB) organisait son congrès annuel en Lozère à Mende. À cette occasion, Buno Dufayet, son président, a présenté au ministre de l’Agriculture Didier Guillaume des solutions pour permettre à la filière bovine de sortir du marasme actuel.

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La délégation de Charente-Maritime au congrès de la FNB.
La délégation de Charente-Maritime au congrès de la FNB. - © AC
« Monsieur le ministre, j’aurais pu dresser le constat d’une année économiquement difficile et d’un climat ambiant compliqué. Mais je ne souhaite pas m’attarder sur ces points qui pourraient nous décourager. À la FNB, la priorité est donnée au travail et à la réflexion plutôt qu’aux lamentations ! Nous souhaitons vous présenter nos propositions concrètes et cohérentes avec les EGA pour sortir de la crise. » C’est en ces termes que Bruno Dufayet a ouvert la séance en présence de Didier Guillaume.

Réforme de l’interprofession

La FNB demande la révision du fonctionnement de l’interprofession. « On a passé l’année à batailler pour nous accorder sur la méthode du coût de production au lieu de parler de montée en gamme, de répartition de la valeur », s’est agacé Bruno Dufayet. La FNB propose que, sous le contrôle du ministère, on fixe à l’interprofession des obligations de résultats en s’appuyant sur le plan de filière. Le ministre dans son discours a reconnu que les éleveurs sont le maillon central de la filière et qu’il est nécessaire de les rémunérer au juste prix. « On a la chance d’avoir le système alimentaire le plus sûr au monde. L’élevage français est une chance pour notre pays. Qualité et rémunération doivent être au rendez-vous », a-t-il déclaré, soulignant qu’il souhaite en finir avec l’agribashing permanent.

Organiser l’export

La deuxième proposition de la FNB pour enrayer la crise consiste à organiser l’export de la filière. « Il est anormal de voir certains maillons bloquer la conquête des marchés », peste Bruno Dufayet. D’ailleurs, Didier Guillaume dans sa réponse s’est agacé de voir que le marché chinois, ouvert il y a quelques mois, ne soit pas suffisamment approvisionné en viande française. Pour conquérir ces nouveaux marchés et structurer l’offre, la FNB propose de créer avec le ministre une AOP nationale.

Une PAC sécurisante pour les éleveurs

La dernière proposition concerne la future PAC. « Nous revendiquons un maintien du budget, un second pilier non régionalisé et surtout une ICHN destinée exclusivement aux éleveurs », énumère le président. Le ministre s’est montré rassurant sur ce dossier confirmant son souhait de refuser toute régionalisation du 2ème pilier. « 2019 doit être l’année de la mise en place de cette feuille de route, une mise en œuvre qui ne se fera qu’à condition que l’Europe régule ses importations de viande bovine », conclut Bruno Dufayet. « Je ne signerai jamais le CETA tant que les conditions d’élevage identiques aux règles françaises ne seront pas respectées », lui a répondu le ministre.

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Le chiffre de la semaine
600 000
C'est la surface, en ha, de maïs (toutes variétés confondues) en Nouvelle-Aquitaine. La région cultive environ 30 % du maïs français. La Charente-Maritime est au 3ème rang régional, derrière les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

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