L'Agriculteur Charentais 12 avril 2018 à 10h00 | Par Anne Frintz

Visites : Mission transparence pour annoncer Made in Viande

Sept journalistes ont participé au voyage de presse national en amont des rencontres Made in Viande.

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Le ticket de pesée fiscale, sur lequel apparaît, entre autres, le nom de l’éleveur et de l’abatteur
Le ticket de pesée fiscale, sur lequel apparaît, entre autres, le nom de l’éleveur et de l’abatteur - © INTERBEV

Organisé par Interbev, ce voyage de presse leur a permis de remonter la filière, les 28 et 29 mars, en Deux-Sèvres et Vienne. Point d’orgue du rallye destiné à faire parler de la quatrième édition des rencontres Made in Viande : la visite de l’abattoir de Parthenay… En activité ! «C’est exceptionnel», confiait Anne-Claire Augereau, animatrice d’Interbev Nouvelle-Aquitaine, qui a négocié le parcours.
L’odeur du sang, le froid, les immenses carcasses suspendues, les muscles qui bougent encore, les gestes précis et rapides des opérateurs, le blanc, le rouge, l’inox, le bruit de la scie à fente : c’est une claque sensorielle que se sont pris les néophytes, une surdose d’informations. Le directeur de la Société d’abattage de Parthenay (Sab) a expliqué chaque étape : l’ablation de la tête de la bête, sa dépouille, l’éviscération, le prélèvement des abats, la fente de la carcasse en deux, l’inspection par la vétérinaire, le classement et la pesée fiscale. Toutes les opérations post mortem, effectuées par un personnel imperturbable dans cet abattoir quasi-neuf (crée en 2011) «dernier cri», ont été passées au crible. Mais hors de question d’assister à l’assommage (le coup de pistolet Matador qui entraîne la mort cérébrale de l’animal), au levage et à la saignée «à cœur», véritable mise à mort («mort systémique») du bovin.
Le propriétaire de la SAB (à 90% ; les 10% restants appartiennent à la Caveb), Salvatore Tomarchio, et son directeur, Ludovic Logerais, ont donc été assaillis de questions sur la mise à mort des animaux, notamment sur leur bien-être ante mortem. «L’animal ne voit pas ses congénères sur la chaîne d’abattage», assure Ludovic Logerais, car les bêtes traversent un couloir de virages et avancent d’elles-mêmes «vers la lumière». «On ne peut pas avoir une qualité de viande sans bien-être animal», martèle Salvatore Tomarchio, quelque peu sur la défensive. «Si l’animal est stressé, ça se sent dans la viande !», insiste le propriétaire qui est aussi exportateur de 50% de la production de la Sab vers l’Italie et la Grèce. «Lorsque la viande est ferreuse, que son PH est trop élevé, on ne peut pas la commercialiser», ajoute le directeur de l’abattoir. Ici, plus de 18000 bovins «haut de gamme», issus d’élevages proches (des races à viande, dont 35% de Parthenaises  ; du bio et du Label Rouge, entre autres), sont tués chaque année. Vétérinaires et personnel formés sont présents d’un bout à l’autre de la chaîne. Question hygiène et traçabilité, en tout cas, tout est OK.
Rares sont les spectateurs autorisés sur la chaîne d’abattage de la Sab, à Châtillon-sur-Thouet, sauf s’ils sont en formation ou de la profession (1). Pourtant, seul Eric de La Chesnais, du quotidien national Le Figaro, avait fait le déplacement depuis Paris. (Il est journaliste et agriculteur ; fait du foin en Mayenne). Les autres journalistes présents sont tous de la presse écrite de Nouvelle-Aquitaine. Pas de radio ni de télé. Les photographies n’étaient d’ailleurs pas autorisées dans l’abattoir. (Interbev en a mises à disposition des médias).
Les journalistes ont suivi la viande de la Sab à la Société des viandes des éleveurs de Parthenay (SVEP) voisine, reliée à l’abattoir. Ce petit atelier de découpe et de commercialisation (d’une capacité de 8000 T/an) est le premier distributeur de la race parthenaise, privilégie les circuits courts et le «sur mesure». La SVEP, crée en 2002, appartenant à la Caveb (à 75%) et à la Scape (à 25%), élabore d’ailleurs des colis pour les éleveurs, que ce soit pour la consommation familiale ou la vente directe. Elle est, selon son directeur Barnabé Griot, en «croissance».
Le voyage de presse s’est poursuivi avec une rencontre avec un producteur de Charolaises - Cyril Aubin, à Adilly, en Deux-Sèvres -, avec des distributeurs - le Super U de Poitiers et la boucherie artisanale de l’Abbaye à Ligugé, dans la Vienne -, visite du marché «au cadran» de Parthenay  : Interbev a communiqué sur une filière de qualité.

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23 000
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