L'Agriculteur Charentais 25 janvier 2018 à 01h00 | Par JMD

Chasse des oies : Manifestations en vue ?

Les chasseurs de gibier d’eau sont au bord de la crise de nerf, en raison de l’attitude de Nicolas Hulot.

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Interdites de chasse en France en février, les oies cendrées sont gazées en mars aux Pays Bas.
Interdites de chasse en France en février, les oies cendrées sont gazées en mars aux Pays Bas. - © FDC17

Le sujet  sensible de la période de chasse des oies cendrées revient dans l’actualité.  Cette espèce migratrice, dont tout le monde s’accorde à  dire qu’elle est en bon état de conservation à l’échelle internationale, est particulièrement prisée des chasseurs de la Charente Maritime  en ce qu’il a la chance d’être un des rares  départements de l’hexagone à être situé sur son axe migratoire, avec la Gironde et les Landes.
Les prélèvements des chasseurs restent tout à fait compatibles avec le droit européen qui a prévu des dérogations pour chasser certaines espèces migratrices en période de migration prénuptiale dès lors que les conditions de chasse sont strictement contrôlées et que les prélèvements sont limités à de petites quantités.
Selon le  bilan chiffré  issu du traitement des carnets de tonne  règlementaires, le tableau de chasse total de la saison en Charente Maritime est  par exemple de l’ordre de 600 oies, dont seulement 30 à 40  en février.
Lorsqu’il était en campagne lors des élections présidentielles, Emmanuel Macron avait été sensible à ce sujet en expliquant qu’une nouvelle directive européenne méritait d’être mise en chantier pour permettre de préserver des chasses traditionnelles respectueuses des objectifs de conservation des espèces, et il  avait partagé le constat des fédérations des chasseurs  du caractère ubuesque de la situation des oies cendrées, dont la chasse était clôturée en France dès le 31 janvier alors que sa destruction par des techniques de gazage était légalisée aux Pays Bas. De plus, contrairement aux allégations de  certaines associations naturalistes, les oies prélevées en France ne sont pas uniquement issues d’une sous population de Norvège mais reflètent bien l’ensemble des oies, y compris celles qui font l’objet d’actes de destruction  aux Pays Bas.

Marchandage de Nicolas Hulot


Le ministre de tutelle des chasseurs, Nicolas Hulot, a rencontré les représentants de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) le 21 décembre dernier et, sur ce sujet, il a proposé un «deal» totalement inacceptable : il a imaginé, pour «ne pas froisser ses amis» (sic) négocier un arrêté ministériel millésimé pour autoriser la chasse des oies en Février (ce que faisaient ses prédécesseurs) en contre- partie de l’interdiction de chasser le grand tétras dans les Pyrénées, de la remise en cause du classement nuisible du renard et des mustélidés, et de l’interdiction de chasse de certains oiseaux limicoles !
En attendant que le Président de la République réponde à la demande d’arbitrage de la FNC, la situation sur le terrain se dégrade. Aux dernière nouvelles, l’ensemble des associations de chasseurs de gibier d’eau de la région Nouvelle Aquitaine  a appelé à manifester son mécontentement le 3 février prochain à Rochefort sur Mer si aucune avancée n’est obtenue sur le sujet.
Cette mobilisation, où les chasseurs «mettent leur bonnet rouge», laisse craindre des troubles à l’ordre public. A l’heure où nous mettons sous presse, le silence opposé aux demandes des  représentants des fédérations des chasseurs ne fait que cautionner le sentiment d’abandon par les élus  de la République ressenti par des chasseurs de migrateurs souvent d’origine rurale et modeste.

 

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Le chiffre de la semaine
37 Mt
Le service statistique du ministère de l’Agriculture a estimé le 9 juillet la récolte 2019 de blé tendre en hausse, sans toutefois prendre en compte la canicule de fin juin qui « pourrait affecter les rendements ». « La production de blé tendre atteindrait 37 Mt : elle augmenterait sur un an (+8,5 %) et par rapport à la moyenne 2014-18 (+3,6%) », selon une note. Un bon rendement est prévu, à 73,7 q/ha (+3,9 q/ha par rapport à 2018), supérieur de 5% à la moyenne quinquennale. « La récolte de blé dur subit une chute de 18,6% en un an, sous l’effet du recul des surfaces » à 271 000 ha (-23,4%), leur plus bas niveau depuis 1997, poursuit Agreste. Avec 3,9 Mt, « la production d’orge de printemps est en forte progression (+27,2 % sur un an) essentiellement grâce à la hausse de la sole ».

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