L'Agriculteur Charentais 20 septembre 2018 à 11h00 | Par Fabienne Lebon

L'UGVC vote l'élargissement des frontières du vignoble

La réunion des vendanges a tourné au règlement de comptes sur la question du rendement, à 14,64 hl AP/ha. Pour en finir avec ces débats, le syndicat propose une extension du vignoble de 3 474 ha.

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Le chiffre est suffisamment précis pour montrer qu'il n'a pas été décidé au doigt mouillé : 3 474 hectares. Même pas
1 hectare de plus pour présenter un compte rond... Ce chiffre, c'est celui voté par le conseil d'administration de l'UGVC le 11 septembre et révélé dès le lendemain par son président Christophe Véral, en toute fin de réunion des vendanges. Histoire de ménager ses effets ? Sans doute puisque l'annonce est arrivée au terme de cette réunion, prévue comme houleuse, où nombre de viticulteurs ont fait part de leur incompréhension après la fixation, fin août, d'un rendement nettement à la hausse de 14,64 hl AP/ha. Rappelons que celui-ci avait été dans un premier temps (en mai) remis en cause par l'UGVC, puis fixé à 12,5 hl AP/ha, avec possibilité de réajustement éventuel fin août. C'est ce réajustement que Christophe Véral épaulé par le secrétaire général du syndicat, Anthony Brun, ont essayé de justifier devant les viticulteurs à Châteaubernard.

Manque de solidarité

Parmi les reproches qui sont revenus en boucle, le manque de solidarité qui résulte de ce rendement à la hausse. «Il fait les affaires des gros exploitants qui n'ont pas grêlé et condamne à la disette les viticulteurs qui ont été sévèrement touchés. On a sacrifié la solidarité, ce n'est pas qu'on attend de notre syndicat », s'est exprimé publiquement un viticulteur, applaudi par la salle.
Pour y répondre, Anthony Brun puis Christophe Véral sont donc tour à tour revenus en mai dernier où «il semblait possible» à la viticulture de répondre aux besoins du négoce et à l'objectif de production de 914 000 hl AP, issu du business plan. «Trois jours après ces premières discussions, la grêle arrive, décrit Anthony Brun. Plus tard, le mildiou et la sécheresse s'en mêlent».
Les outils à côté ? «La réserve de gestion, on n'en entend plus parler», affirme Anthony Brun. «La réserve climatique arrive aussi à sa limite, renchérit Alexandre Imbert, le directeur du syndicat. Il est question de la rénover. Ce chantier est lancé depuis 10 jours ». La meilleure «protection» reste encore, pour les responsables du syndicat, l'assurance et le mécanisme d'épargne de précaution à l'étude.

Hausse des prix

Christophe Véral a aussi essayé de jouer sur la corde économique pour désamorcer l'amertume des viticulteurs présents : «Le calcul qui a conduit à 14,64 hl AP/ha inclut la dispersion. C'est la moyenne des exploitations qui permettra d'approcher la mise en stock des 914 000 d'AP. N'oublions pas que sorties, évaporation et autres destinations représentent quand même 720 000 hl AP. La prise de risque est donc mesurée.» Sans oublier que «certaines maisons ont déjà donné leurs prix, qui augmentent entre 8 et 10 %, soit l'équivalent de 1 hl AP/ha. Ces augmentations concerneront 90 % des transactions.»

Viticulture durable

Autre argument repris par plusieurs viticulteurs qui a fait débat : «Le rendement à 14,64 hl AP/ha ne serait pas éco-compatible avec la viticulture durable». Ce raisonnement a bien essayé d'être battu en brèche par Anthony Brun (« l'objectif de la démarche, c'est de produire propre »), mais nombre de viticulteurs estiment «incohérent» un tel niveau de rendement avec celui de la viticulture durable qui vise à réduire l'usage des produits phytosanitaires et qui impactera la récolte en quantité.
«Nous sommes effectivement arrivés à la limite de la productivité plantée de notre vignoble et à la limite du rendement, leur a répondu plus tard Christophe Véral. Nous devons donner un nouveau souffle à notre modèle de production. Une nouvelle ère s'ouvre devant nous. C'est pour cela que le conseil d'administration a voté ce contingent important pour 2019. Il prend en considération les limites de notre modèle actuel ». C'est à espérer car sinon les débats et le ressentiment de certains viticulteurs qui s'estiment laissés pour-compte risquent de s'éterniser...

 

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Le chiffre de la semaine
600 000
C'est la surface, en ha, de maïs (toutes variétés confondues) en Nouvelle-Aquitaine. La région cultive environ 30 % du maïs français. La Charente-Maritime est au 3ème rang régional, derrière les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

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