L'Agriculteur Charentais 04 juillet 2013 à 10h24 | Par Sylvain Desgroppes

VÉGÉTAL - L’orobanche rameuse, cette plante parasite si complexe à maîtriser

Vendredi dernier s’est tenu au centre de conférence de Poitiers un colloque sur l’orobanche rameuse, son fonctionnement et ses impacts sur les cultures.

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Cette plante bleue qui germe en bouquet au pied de plants de colza par exemple.
Cette plante bleue qui germe en bouquet au pied de plants de colza par exemple. - © VC

À l’initiative du Cetiom, un colloque était organisé le 21 juin à Poitiers sur l’orobanche rameuse. L’occasion de faire le point sur toutes les connaissances accumulées jusque-là en France et même à l’étranger sur cette plante parasite qui touche particulièrement la région.«On va faire un état des lieux des recherches menées depuis une dizaine d’années, et pour la première fois, on va présenter aussi les résultats d’un projet Casdar», explique Jean-Pierre Palleau, ingénieur au Cetiom pour la zone Poitou-Charentes-Vendée. Si le colloque a été fixé à Poitiers, ce n’est pas par hasard. En effet, une grande partie de l’orobanche se trouve dans cette zone.Trois cultures sont particulièrement sensibles : le colza, le chanvre, le tabac. «50 000 hectares de parcelles de colza présentent au moins un espace parasité, dont 5 000 à 6 000 hectares où l’on ne peut plus faire ces cultures. La quasi-totalité de l’orobanche se trouve en Poitou-Charentes, ainsi que dans le sud du Maine et Loire et le Nord Dordogne», rajoute Jean-Pierre Palleau. D’années en années, une extension de cette plante a été observée. Cela s’explique par ses particularités génétiques, le travail du sol, le transport de paille d’un endroit à un autre, etc. Aujourd’hui encore, il n’existe aucune résistance génétique pour le colza.

La biologie de l’orobanche
Philippe Simier, du laboratoire de pathologie et de biologie végétale de l’université de Nantes, est revenu sur la biologie de cette plante. «L’orobanche, représente 170 espèces parmi les 4 000 qui ont un mode de vie parasitaire. L’orobanche rameuse est la plus répandue», commence le scientifique. On la trouve particulièrement sur les solanacées (tomates, tabac) et les brassicacées (chou, colza).Son cycle de développement est très variable. Elle s’adapte parfaitement à celui du colza. Les graines germent dans le sol dès lors que les conditions sont réunies et que les racines d’une plante hôte sont à proximité. Elle émet alors une radicule, qui se fixe sur la racine. Cela lui permet de se développer, l’orobanche étant un parasite pur sans fonction chlorophyllienne. Ensuite, sur ce point de fixation, un tubercule se forme et va se transformer en bourgeon. Une tige va se développer, d’abord sous terre, puis à l’extérieur. À terme, la hampe florale apparaît. Arrivée à maturité, elle se dessèche, et libère entre 200 000 et 500 000 graines.Si les recherches ont permis de bien identifier ce cycle, il est encore difficile de l’expliquer, ce qui ne simplifie pas la tâche pour trouver des moyens de lutte totalement efficaces. Cependant, certaines solutions ont été mises en avant pour atténuer les effets de l’orobanche rameuse. C’est le cas avec le projet Casdar, débuté en 2010, et dont Christophe Jestin a la charge. Parmi les méthodes présentées lors du colloque, les luttes technique (labour, date de semis retardée, densité de semis réduite, faux hôte), biologique, génétique, ou enfin chimique.

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