L'Agriculteur Charentais 22 mars 2013 à 17h39 | Par B. AUMAILLEY - G. SEGUIN

Terra Lacta - Aller vers Bongrain, mais aussi Candia

Le rapprochement était scellé en février entre Bongrain et la coopérative régionale. Le calendrier se précise.

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Le silence masquait des tractations et des négociations en cours. Après l’accord de principa acquis auprès des coopérateurs à l’automne, le conseil d’administration de Terra Lacta était passé à la négociation avec Bongrain. Le calendrier vient d’être précisé, lors d’une interview dans la Vie Charentaise. En milieu de semaine, le plan a été présenté aux partenaires sociaux, puis au comité central d’entreprise, puis aux conseillers de section de la coopérative fin mars. Durant le mois d’avril auront lieu les réunions de section avec tous les producteurs et les assemblées générales, ordinaire et extraordinaire, «qui devront valider le plan» auront lieu début juin. Les avis des autorités de la concurrence sont sollicités. Ce que le président de Terra Lacta nomme «la grande réorganisation», est assortie de «conséquences sociales.» Dans cette communication, il est dit que le plan prévoit d’adosser les activités beurre, fromages vache et chèvre et ingrédients au groupe privé Bongrain. Le lait UHT (350 Ml) ferait l’objet d’un autre volet du plan, un rapprochement avec Orlait, filiale du géant Candia. Un plan que l’on veut durable au-delà du contexte et de cinq ans. Une filiale Charentes-Poitou pour les activités fromagères entre Bongrain (légèrement majoritaire) et Terra Lacta devrait voir le jour avec un siège à Poitiers. Elle aura en charge la commercialisation des fromages de chèvre et des spécialités vache (Mottin, etc.). Le reste des activités, hors lait UHT, c’est à dire les produits industriels poudre de lait, caséine, beurre et crème, sera traité par des filiales de Bongrain qui existent déjà et font partie de la CLE (Compagnie Laitière Européenne) où Bongrain est majoritaire. Ironie de l’histoire, Bongrain cohabite avec Agrial au sein de la CLE et Agrial - gros groupe coopératif et agroalimentaire (Florette, cidres et jus de pomme, volailles, viandes et produits laitiers)- vient d’annoncer mijanvier un rapprochement avec... Eurial.
Dans l’avalanche d’information donnée, on note que Terra Lacta et Eurial vont peut-être se retrouver partiellement unis. Le beurre AOC Charentes-Poitou pourrait être géré dans la division Beurre de CLE qui comprendra une section Charentes- Poitou et une section Normandie. Enfin, le lait UHT (dont Terra Lacta souhaite réduire la proportion au sein de ses activités) fait l’objet d’un accord en cours de finalisation avec Orlait, filiale de Candia, N°1 du secteur devant Lactalis et Terra Lacta. Sur ce marché UHT, on veut rendre plus performante l’offre et gagner en logistique, dans un contexte de redressement du marché européen.
Le plan qui devra être accepté par les éleveurs veut «leur assurer un prix du lait au standard national et sauver le maximum d’emplois dans un maximum d’outils de production dans la région». Le plan prévoit donc de répartir différement les sites de production. Peut-être trop tôt pour finaliser la stratégie nouvelle, la petite usine des Fayes (35 personnes dans le 87) va être maintenue, à travers un projet de «joint-venture » avec des partenaires locaux. Le lait collecté en Auvergne par Terra Lacta fera partie du volet lait UHT et de l’accord avec Orlait. Ajoutons que la filiale de distribution régionale de Terra Lacta (Sica Centre-Ouest) va être réorganisée et centralisée sur Surgères, siège du groupe. Rien ne changerait pour les éleveurs : La coopérative se chargerait de la collecte, de la relation producteurs, gèrerait le froid à la ferme, ferait la paie du lait, gèrerait les relations interprofessionnelles et l’animation des territoires. Avec des participations dans les différentes filiales, sa présence dans les conseils d’administration, Terra Lacta garantirait ainsi son avenir. L’explication de la «réorganisation» inclut des outils remis à niveau, des investissements dans le marketing et l’export. Si le plan est adopté en juin, les dispositifs de réorganisation seront mis en place dans le second semestre 2013.

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