L'Agriculteur Charentais 24 octobre 2013 à 08h00 | Par M. Tricoci

Stéphanie Pageot - « Diversifier pour sécuriser le revenu »

Présidente de la FNAB

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- © M. Tricoci

Votre campagne « bio et local, c’est l’idéal » est lancée depuis le 23 septembre, quel est son but ?
Nous nous adressons au grand public, mais l’idée est aussi de mobiliser les réseaux Agribio régionaux. Nous avons ainsi 200 animations réparties sur tout le territoire. C’est une façon de montrer les aspects économiques et territoriaux de l’agriculture biologique partout en France.

Vous indiquez que la production bio offre plus d’emplois qu’en conventionnel, mais comment répercuter ce surcoût sans faire exploser les prix pour le consommateur ?
Tout dépend du travail réalisé par les producteurs. Aujourd’hui, ce surcoût de main d’œuvre est intégré dans le prix final, qui est plus cher qu’en conventionnel. Mais souvent, en conventionnel, les prix ne rémunèrent pas suffisamment les producteurs. Nous travaillons beaucoup sur la transparence des filières pour expliquer nos prix aux consommateurs. Nous avons aussi des engagements partenariaux avec les distributeurs, comme le réseau Biocoop, par exemple. Il faut aussi rappeler que la bio ne représente que 4 % des surfaces en France. Il est indispensable de changer d’échelle. Car seule une augmentation des volumes pour faire baisser les coûts et rendre les prix plus accessibles sans que cela ne pèse sur les producteurs. Une évolution essentielle puisqu’aujourd’hui beaucoup de produits bio sont importés.

Finalement, quel avenir voyez-vous pour les circuits courts et bio ?
C’est une autre façon de produire et de transformer. Je pense que la diversification des productions est essentielle. Essentielle à la résilience des fermes : cette diversification permet d’être mieux armé face aux aléas climatiques. Mais cela est tout aussi vrai économiquement. S’enfermer dans un schéma où l’on dépend d’un seul client pour vendre sa production, cela n’existe pas dans les autres secteurs d’activité. Je pense que l’alliance de circuits courts et de circuits longs est un excellent moyen de préserver les exploitations. Et puis, la valeur ajoutée est plus forte en circuit court, ce qui permet de sécuriser les revenus… Tout en satisfaisant la demande des « consomm’acteurs ». Il y a aussi une notion de lien social qui se recrée. Cela redonne du sens à tout le monde : au producteur fier de son métier, au transformateur qui découvre d’autres produits et d’autres recettes, au consommateur qui sait d’où vient ce qu’il y a dans son assiette. C’est une vraie motivation pour avancer.

 

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