L'Agriculteur Charentais 23 mai 2013 à 10h45 | Par Elisabeth Hersand

Statistiques - Le nombre d’élevages s’effondre en Poitou-Charentes

En Poitou-Charentes, le nombre d’exploitations classées en élevage, spécialisées ou non, a en effet chuté de 36 % entre 2000 et 2010.

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Nombre d’unités gros bétail alimentation totale par canton
Nombre d’unités gros bétail alimentation totale par canton - © V-R

«Défendre l’élevage est une forte volonté annoncée par le gouvernement, et aussi en région» lance Élisabeth Borne.Pour la préfète de région, les différentes filières d’élevage sont en effet très riches en termes d’emploi.Mais elles sont aussi de plus en plus rares. «Face à la hausse des prix des matières premières et les prix de vente qui stagnent, l’élevage rencontre de graves difficultés».Un effet ciseau qui aboutit chaque année à des conversions, au profit des céréales, ou à des arrêts définitifs.De 16 292 en 2000, le nombre d’élevages en Poitou-Charentes est ainsi passé à 10 292 en 2010, soit -36 %. Une baisse qui est bien plus importante que la diminution totale du nombre d’exploitations, qui est en région de 28 %.Au final, l’élevage représente actuellement 40 % des exploitations Picto-Charentaises, contre 45 % en 2000. Si dans la plupart des secteurs, la baisse du nombre d’exploitations s’accompagne d’une hausse du nombre d’animaux par exploitation, et un maintien, voire une augmentation du cheptel total, ce n’est pas le cas des vaches laitières.Entre 2000 et 2010, le  cheptel de vaches laitières a en effet diminué de 23 % dans la région (contre -16 % à l’échelon national). La filière ovine voit également son cheptel largement diminuer sur la même période.Des chiffres tout juste publiés par Agreste (draaf.poitou-charentes.agriculture.gouv.fr/statistique-agricole) et qui ont poussé la préfète à réunir l’ensemble des filières d’élevage, la semaine dernière en préfecture (lire en page 8 de notre précédente édition). «C’est maintenant que s’élabore le prochain programme des crédits  européens.Il faut qu’ils soient en priorité dirigés vers les filières d’élevage» estimait à l’issue de la réunion Philippe De Guénin.Le DRAAF a également évoqué des pistes de travail pour aider l’élevage. «Il faut travailler sur l’autonomie fourragère et l’indépendance en termes de protéines.Nous souhaitons explorer la production de luzerne pour les élevages, avec séchage à la ferme, notamment grâce à la méthanisation».Autre piste évoquée, celle des circuits courts. «Il faut débanaliser les produits locaux en Poitou-Charentes, et mettre l’accent sur leur qualité.Globalement, il y a moins de vente de produits locaux en région, peut-être car jusqu’à présent, il y avait des solutions plus simples pour écouler les céréales, le beurre ou la poudre de lait.Cela ne représentera jamais d’énormes volumes, mais cela peut permettre d’en sécuriser une partie» ajoute Philippe De Guénin.Des solutions qu’on n’imagine pourtant largement insuffisantes pour résoudre la crise actuelle traversée par l’élevage.  «Ce qu’il faut, c’est évidemment des hausses du prix du lait » estime Luc Servant, à l’issue de la rencontre . Le président de la chambre régionale d’agriculture regrette que la réunion n’ait pas permis d’identifier plus de solutions et de perspectives véritablement intéressantes. « Mais la réunion nous a tout de même permis de redire l’urgence dans laquelle se trouve l’élevage.Et la préfète a entendu ces arguments.Elle s’est d’ailleurs dite prête à intervenir pour que les accords de hausses s’appliquent, et vite.»

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