L'Agriculteur Charentais 19 avril 2018 à 09h00 | Par Laurence Guilemin

Nuisibles : La FDGDON serait-elle en sursis ?

Certaines EPCI ne conventionnent pas et mettent à mal l'avenir de la fédération départementale des luttes contre les nuisibles.

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Françoise de Roffignac, vice-présidente du Département, a réitéré un message de soutien à Pierre Borde, président de la FDGDON.
Françoise de Roffignac, vice-présidente du Département, a réitéré un message de soutien à Pierre Borde, président de la FDGDON. - © AC

La loi NOTRe ferait-elle des dommages collatéraux ? On peut se poser cette question, après avoir assisté à l'assemblée générale, vendredi dernier, à Grézac, de la fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles
(FDGDON) du département. Une rencontre annuelle qui mobilise, chaque année, une centaine de participants. 2018 n'y déroge pas, mais la teneur des propos du président Pierre Borde a eu une vive résonance.

La case EPCI


Depuis de nombreuses années, le Département est au côté de la structure, via une enveloppe de
170 000 E. Mais la loi NOTre est passée par là. «Depuis le 1er janvier 2017, cette somme est reconduite pour la seule lutte contre les rongeurs aquatiques nuisibles. Cette attribution ne se fait plus directement, mais par l'intermédiaire des EPCI, établissements publics de coopération intercommunale. Cela implique une réorganisation du financement de la lutte collective» explique le président. Des explications utiles et nécessaires afin de mieux comprendre la situation. Ainsi, la FDGDON ne reçoit plus directement les financements. Ceux-ci transitent par les EPCI, qui peuvent bénéficier d'une aide de 30 % sur les dépenses engagées. Ils doivent en faire retour à la fédération tout en conservant une partie financière non-négligeable à leur charge. Or, pour 2017, «les sommes réellement octroyées par le Département auprès des EPCI sont de 26 500 E pour nos seules prestations. Ceci ne correspondant en aucune manière, à celles escomptées, (170 000 E). Cela nous entraîne dans une situation financière désastreuse qui pourrait nous amener prochainement à la disparition de notre structure» alerte Pierre Borde. Des mots qui résonnent chez Françoise De Roffignac, vice-président du Département. Elle se veut rassurante et «apporte le soutien du Département auprès de la FDGDON». Elle réitère clairement le message  : la lutte obligatoire pour le ragondin et le rat musqué «elle revient à la FDGDON». Cela représente près de 80 % de l'activité de la structure. En 2017, le Département a mené un travail conjoint afin que les EPCI puissent conventionner avec la FDGDON. Trois n'ont toujours pas signé. La vice-présidente est surprise du montant annoncé par la FDGDON,
26 000 E, alors que le Département a aidé les EPCI à hauteur de 110 000 E. Les 170 000 E ont été budgétisés mais la somme n'a pas été complètement utilisée car des EPCI n'ont pas conventionné. «Nous n'avons jamais rien lâché. Robert Chatelier a été un fervent défenseur et nous poursuivrons son engagement» précise Françoise De Roffignac, en rendant un hommage au conseiller départemental. Pour elle, «si des EPCI ne conventionnent pas, c'est à l'Etat de voir comment faire respecter la loi.» Entre détermination, colère, Pierre Borde rajoute «les EPCI nous ont court-circuité !». Des communautés de communes ont négocié en direct avec des prestataires autres. «Ce n'est plus une lutte collective, mais une lutte individuelle»lâche le directeur Richard Gourichon. Une situation regrettable et aux lourdes conséquences, face aux risques sanitaires pour l'homme et pour les animaux, mais aussi face aux dégâts dans les cultures et pour les infrastructures. D'un ton ferme empreint d'émotion, le président  réaffirme que «la FDGDON a pris, en 2017, l'engagement de continuer ses actions. Nous avons effectué le travail avec de plus en plus de déplacements. Pour 2018, il n'est pas réalisable d'aller porter les prestations si un EPCI n'apporte pas sa contribution. Nous continuerons à développer nos services. S'il n'y a pas de conventions, il n'y aura plus d'actions de lutte contre le ragondin.» Applaudissements dans la salle, en signe de soutien à la FDGDON et d'approbation dans les propos du président.
Autre signe de soutien et de collaboration, à l'issue de l'assemblée générale, la fédération départementale des chasseurs et l'association de gestion et régulation des prédateurs 17 ont signé une convention de partenariat avec la FDGDON, pour les luttes par tir au fusil et piégeage.

 

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Le chiffre de la semaine
37 Mt
Le service statistique du ministère de l’Agriculture a estimé le 9 juillet la récolte 2019 de blé tendre en hausse, sans toutefois prendre en compte la canicule de fin juin qui « pourrait affecter les rendements ». « La production de blé tendre atteindrait 37 Mt : elle augmenterait sur un an (+8,5 %) et par rapport à la moyenne 2014-18 (+3,6%) », selon une note. Un bon rendement est prévu, à 73,7 q/ha (+3,9 q/ha par rapport à 2018), supérieur de 5% à la moyenne quinquennale. « La récolte de blé dur subit une chute de 18,6% en un an, sous l’effet du recul des surfaces » à 271 000 ha (-23,4%), leur plus bas niveau depuis 1997, poursuit Agreste. Avec 3,9 Mt, « la production d’orge de printemps est en forte progression (+27,2 % sur un an) essentiellement grâce à la hausse de la sole ».

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