L'Agriculteur Charentais 02 mai 2019 à 09h00 | Par Bernard Aumailley

Ménage, repas... en restant chez soi

Partie intégrante de la MSA des Charentes, ils tentent d’assurer le maintien à domicile, le plus longtemps possible.

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Les hommes ne représentent que 5 % des effectifs de l’aide à domicile.
Les hommes ne représentent que 5 % des effectifs de l’aide à domicile. - © Jean Nanteuil

Una-dom a changé de nom pour devenir Aider17 Services à domicile. Ses services proposés vont tenter de satisfaire les demandes sur de nouveaux secteurs, notamment dans le territoire de la CdA de la Rochelle, avec une dizaine de salariés. Déjà présent sur les autres territoires ruraux du département, ce « prolongement » des services de la MSA des Charentes a acquis non seulement une expertise des problématiques du maintien à domicile en milieu rural, mais aussi dans l’organisation des personnels afférents. Pour qu’Aider17 services à domicile puisse prendre de l’ampleur, les délégués MSA vont servir d’ambassadeurs auprès des collectivités locales, des intervenants sociaux pour le promouvoir. Selon son directeur Arnaud Simon, en nombre d’heures, Aider17 SAAD comptabilise 165 000 h et a 192 salariés. Si 2018 a été difficile financièrement parlant pour la structure, les premiers mois de 2019 étaient plus prometteurs. Sous la houlette du nouveau président, François Avrard, Aider17 SAAD est le fruit de fusions successives entre un service de la MSA, des associations d’aide à domicile de Tonnay Boutonne, de Saint-Savinien et l’Una Vals de Seugne. La structure alors appelée Una-Dom passait ainsi de 12 personnes à 8 coordonnateurs et administratifs.
« Nous recrutons principalement sur les territoires, via Pôle emploi et les réseaux sociaux » analyse Arnaud Simon, « sur la base de tests sur les savoir-faire et les savoir-être. Suit une période d’essai. À 80 %, il s’agit de temps partiel choisi. Nous n’avons que peu de temps complet. Le profil est beaucoup sur des parents isolées. » Quant aux « clients », il s’agit de personnes âgées vieillissantes qui souhaitent rester le plus longtemps possible à domicile. « La moyenne d’âge est proche des 80 ans. Peu de couples, beaucoup de personnes seules, de femmes seules. » Aider17 SAAD ne se réduit pas qu’au ménage (« de moins en moins »), et propose de l’aide à la personne, de la préparation de repas... « Nous sommes là en étroit lien avec le Conseil départemental qui nous adresse des dossiers. La porte d’entrée reste d’effectuer le ménage et l’entretien des logements. Après on bascule vers des aides à la dépendance. » Non réservés aux seuls ressortissants de la MSA, Aider17 SAAD assure ses services auprès du monde rural. « 40 % seulement de nos clients sont MSA. Peu d’urbains. » Arnaud Simon souligne que parfois les aides à domicile et le facteur sont les seules visites auprès de ses clients. « Nous passons en moyenne 40 à 45 minutes par client à domicile. Cela représente une dizaine de clients par salarié-intervenant. » Les dossiers « par quart d’heure » ont été maintenant abandonnés. « Pour les repas, nous passons environ 30 minutes, jusqu’à une heure. » Calculé en fonction de revenus, le coût de cette aide n’est plus un handicap.

Accompagner la dépendance

Dans le débat actuel sur la dépendance, de tels services deviennent un « soutien logistique » important dans une meilleure qualité de vie pour le maintien à domicile. Si les démarches sont d’abord entreprises pour aider au ménage, c’est souvent la famille, les enfants qui sollicitent pour le reste des interventions « plusieurs fois par jour ». Arnaud Simon insiste : « les toilettes ne rentrent pas dans la catégorie soins qui est du rôle de l’infirmière. » Aider 17 SAAD intervient pour répondre aux attentes des CCAS, des MAIA ou des CLIC, ou les caisses de retraite à la suite d’hospitalisation. « Les dossiers d’aide à domicile sont à retirer en mairie où dans la liste des services figure Aider17 SAAD. D’où l’importance pour nous d’être à minima référencés. »
Arnaud Simon cartographie les lieux d’intervention : Haute-Saintonge, la Saintonge romane, La Rochelle, Vals de Saintonge et Royan. Il existe 7 points d’accueil sur l’ensemble du département. « Nous ne sommes pas concurrents avec les ADMR. Nous travaillons ensemble, avec d’autres services de même type, sur la formation, sur la qualité, les montages financiers, sur des actions communes. » La moyenne nationale d’une heure d’intervention se situe nationalement à 24,5 €. Après la discussion complexe sur les coûts avec le Conseil départemental, la base est de 22,5 €. Elle était à 21 € en 2017. « Cela représente 1,7  % d’augmentation, alors que les EHPAD ont eu 0,8 %. Une heure revenait chez nous à 23,5 € en 2018. Aujourd’hui, nous sommes autour de 22,5 €. » Dix structures départementales sont agréées jusqu’en 2021, dont Aider17 SADD. Arnaud Simon assure qu’un nouveau logiciel permet « d’optimiser les tournées en fonction des clients et des personnels ». En un mois, 10 000 kms indemnisés ont ainsi été économisés. « Tout le monde avec tous les organismes d’aide à domicile peut maintenant y prétendre. Aider17 SAAD a des zones privilégiées d’intervention et nous discutons avec les autres organismes, type OFAS à Surgères, pour les rationnaliser. » Arnaud Simon conclut que « l’aide à domicile est complexe, peu valorisée, assez pénible physiquement et psychologiquement pour redynamiser les personnes âgées. Le lien social est primordial. »

 

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