L'Agriculteur Charentais 07 juin 2018 à 08h00 | Par Laurence Guilemin

Made In Viande : Quand les éleveurs jouent la transparence

Visiter une exploitation pour comprendre la filière, cerner le travail des éleveurs, échanger, communiquer sur les attentes de chacun.

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- © AC

«Oh, une belle cour de ferme, toute propre». À peine sorti du bus, voilà les premiers mots prononcés par une des 60 personnes-coopérateurs, de Coop Atlantique venues visiter, lundi 4 juin, l’exploitation de l’EARL La Pacaterie (viande-céréales) à Virson, après avoir visité l’abattoir Sibcas de Surgères, dans le cadre des rencontres Made In Viande. Cet évènement national s’est déroulé du 31 mai au 6 juin. L’occasion pour la filière de se mobiliser en ouvrant les portes des exploitations, les centres d’allotement, les marchés aux bestiaux, les entreprises d’abattage, de découpe et de transformation des viandes, boucheries, charcuteries et triperies artisanales, boucheries en grandes surfaces et restaurants collectifs… Une opportunité pour transmettre leur passion, de valoriser leur métier et de faire découvrir leurs engagements. Et c’est bien ce qu’on fait Muriel et Vincent Penon pour recevoir leurs hôtes. Quelques jours plus tôt, le couple a tout mis en œuvre pour accueillir dans les meilleures conditions. Rangement, nettoyage étaient au menu. Muriel Penon a même été plus loin dans la démarche, en réalisant, elle-même, un dossier de présentation de leur exploitation, qu’elle a remis à chacun des participants . «Je  veux qu’ils repartent d’ici avec une idée bien précise de notre exploitation. Cela me semble évident de leur expliquer ce que l’on fait. La transparence est essentielle. Il s’agit aussi de rétablir certaines vérités» explique l’agricultrice. Elle avoue que les formations auxquelles elle a participé l’aident beaucoup, notamment dans la prise de parole, la réalisation de dossiers, notamment avec  le groupe d’agricultrices de Vals de Saintonge, Cap Projets.
Rien n’a été laissé au hasard. Ainsi, lorsque le bus, financé par Interbev, est arrivé, Muriel Penon avait déjà préparé son scénario. «Je veux que le bus s’arrête à l’entrée de l’exploitation, car c’est ici, la genèse. Ensuite, au fur et à mesure, je déroulerai l’histoire et nous avancerons à pied, jusqu’à la stabulation.» Et cela s’est passé ainsi. Souriants, offrant un cadeau de bienvenue à leurs hôtes, Muriel et Vincent Penon expliquent leur métier, parlent de leur solidarité envers des éleveurs en pénurie de paille. Une personne pose une question sur la différence entre la paille et le foin. Bernard Dubois d’Interbev Nouvelle-Aquitaine en profite  pour alerter sur les mesures agri-environnementales, le retard des paiements, souligne l’intérêt des marais et le rôle important des éleveurs dans les paysages. Le couple parle aussi du bien-être animal, de l’intégration des bâtiments dans le paysage, de plantation de haies, que de traçabilité. Pour que les visiteurs comprennent bien, ils ont même prévu le classeur avec les passeports et soulignent l’importance des boucles. L’ambiance est conviviale avec une pointe didactique. On parle aussi d’insémination, de monte naturelle à la vue d’un des trois taureaux. Le groupe s’arrête  devant le troupeau de Limousines, regarde, prend des photos.
À l’issue de cette visite, les 60 personnes ont eu le privilège d’avoir, dans la stabulation, un buffet composé de spécialités bouchères et de viande maturée, juste en face des animaux. Rien de mieux pour être au cœur de l’histoire de l’EARL de la Pacaterie.

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Le chiffre de la semaine
37 Mt
Le service statistique du ministère de l’Agriculture a estimé le 9 juillet la récolte 2019 de blé tendre en hausse, sans toutefois prendre en compte la canicule de fin juin qui « pourrait affecter les rendements ». « La production de blé tendre atteindrait 37 Mt : elle augmenterait sur un an (+8,5 %) et par rapport à la moyenne 2014-18 (+3,6%) », selon une note. Un bon rendement est prévu, à 73,7 q/ha (+3,9 q/ha par rapport à 2018), supérieur de 5% à la moyenne quinquennale. « La récolte de blé dur subit une chute de 18,6% en un an, sous l’effet du recul des surfaces » à 271 000 ha (-23,4%), leur plus bas niveau depuis 1997, poursuit Agreste. Avec 3,9 Mt, « la production d’orge de printemps est en forte progression (+27,2 % sur un an) essentiellement grâce à la hausse de la sole ».

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