L'Agriculteur Charentais 01 mars 2018 à 14h00 | Par Bernard Aumailley

Les conditions du débat public

Devant un parterre de maires et d'adjoints, Françoise de Roffignac en charge des questions agricoles et présidente du SYRES 17 devait rappeler les projets en cours.

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Frédéric Emard
Frédéric Emard - © AC

Devant un parterre de maires et d'adjoints, Françoise de Roffignac en charge des questions agricoles et présidente du SYRES 17 devait rappeler les projets en cours. Notamment ceux mis à l'enquête d'utilité publique pour la Boutonne. Elle a mis en avant les «projets de territoire» pour permettre à chacun d'être informés. Marennes et Gémozac ont accueilli des réunions informatives pour la Seudre, la Seugne et Charente aval. Nous faisons un diagnostic des usages de l'eau, des éventuels conflits et de ce qu'il est possible de stocker dans les années à venir. Sur la Boutonne et en Aunis, ces «études préalables» qu'induisent les projets de territoire n'existent pas. «Donc les échanges avec les communes n'ont pas été faits en amont. Le préfet a demandé qu'un cabinet d'études bordelais de Néorama puisse accompagner les enquêtes publiques sur ces deux bassins auprès des usagers en enquêtant de son côté. Le travail de concertation au sein du SYRES 17 avait déjà eu lieu, même si c'est un travail dans l'ombre pour arriver à un consensus le plus large possible.» En filigrane de son intervention, les prochaines réunions prévues début mars par deux associations environnementalistes. «Ce sont des réunions à charge contre le SYRES 17. Mais nous n'irons pas seuls face à des dizaines de contradicteurs.» S'adressant aux maires présents, Françoise de Roffignac a annoncé des ateliers de travail après l'enquête publique. «Le comité national du débat public est présent dans l'élaboration des projets de territoire de la Seudre, de la Seugne et de Charente aval.» Un message qui devrait ainsi être répercuté dans tous les conseils municipaux qui auront 15 jours à l'issue de l'enquête publique pour se prononcer, comme dans l'instruction des permis d'aménager. «Certains maires ont déjà reçu des courriers pour les inciter à ne pas signer...» complétait-elle «mais nous n'avons rien à cacher de notre conception de la gestion publique de l'eau. Si vous avez des questions...» L'adresse recevait un appui de Frédéric Emard, du Symbo, porteur du projet de territoire et du SAGE Boutonne  : «le projet dépasse le cadre de la Boutonne. Nous irons à une réunion la semaine prochaine pour rencontrer une délégation interministérielle (Transition écologique et Agriculture). Ce projet n'est pas articulé que sur la construction des réserves. Il se prélève aujourd'hui entre 10 à 12 Mm3 sur la Boutonne et les volumes prélevables sont à 3,8.» Le président du Symbo estime que sans réserve la profession agricole sera très pénalisée. «Il y a des grands débats philosophiques, notamment sur les projets sur la Sèvre niortaise, mais dommage que les vagues s'échouent sur la Boutonne.» Il met en avant l'aménagement et l'accompagnement du bassin versant et l'agriculture de ces territoires. «Il existe aujourd'hui 5 réserves de substitution sur la Boutonne : ce n'était pas prévu dans les finalités de ces réserves. Un semencier vient de proposer des contrats aux agriculteurs irrigants. Une nouvelle économie se met en place et fait vivre une quinzaine d'emplois du côté de Villiers sur Chizé. Cela mérite réflexion dès lors que l'on sécurise le stockage, une bonne partie de l'économie agricole.» Claude Pillet insistait : «j'ai déjà vu l'échec de la Trézence, je ne voudrais pas voir celui des réserves !» Françoise de Roffignac : oui à la contradiction, à la critique mais avec des fondements et sans posture « à l'opposé de la réalité.»

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