L'Agriculteur Charentais 11 février 2021 a 15h00 | Par Kévin Brancaleoni

L'alimentation de demain se prépare à l'Enilia-Ensmic

L'école d'agroalimentaire de Surgères propose des formations rares, voire même uniques en France, qui donnent accès à des métiers qui recrutent.

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Élèves de deuxième année de BTSA Sciences et technologies des aliments, spécialité Produits céréaliers, Karin Boulaff et Rémi Roche présentent les résultats d'une analyse de farine effectuée en classe. Le premier, venu du Maroc, veut poursuivre en licence professionnelle, tandis que le second a déjà une offre d'emploi.
Élèves de deuxième année de BTSA Sciences et technologies des aliments, spécialité Produits céréaliers, Karin Boulaff et Rémi Roche présentent les résultats d'une analyse de farine effectuée en classe. Le premier, venu du Maroc, veut poursuivre en licence professionnelle, tandis que le second a déjà une offre d'emploi. - © AC

Que serait le paysage alimentaire sans l'apport de tous ceux capables de transformer les denrées agricoles en consommables ? Farines, yaourts, fromages, plats cuisinés... Les processus qui donnent naissance à ces produits, souvent plus complexes que le grand public ne l'imagine, sont au coeur de l'enseignement qui est dispensé par l'Enilia-Ensmic. L'établissement accueille chaque année environ 200 apprenants dans ses installations de Surgères. « On forme du CAP à la licence pro », explique la directrice, Patricia Darjo. Dès la fin de la troisième, les plus jeunes peuvent intégrer l'école (dépendant du ministère de l'Agriculture, comme les lycées agricoles publics) pour s'y former dans le cadre d'un bac professionnel (Bio-Industries de transformation). Les titulaires d'un bac peuvent de leur côté se lancer dans un BTSA Sciences et Technologie des aliments ou BTS Bioqualité, et même continuer au-delà avec une licence professionnelle menée en partenariat avec l'université de La Rochelle.
Ces cursus sont ouverts aux élèves en voie scolaire classique (avec 12 à 16 semaines de stage), mais aussi à ceux qui souhaitent expérimenter l'apprentissage (avec 32 semaines en entreprise). Certains parcours peuvent même être suivis par des adultes en formation continue. « Ça ne débouche pas forcément sur des diplômes, mais sur une acquisition de compétences », précise Patricia Darjo. Si l'établissement propose une formation généraliste sur les processus de transformation des aliments, il s'appuie aussi sur les compétences historiques de l'Enilia et de l'Ensmic (qui demeure la seule école publique de meunerie en France) pour proposer des spécialisations sur les produits laitiers ou céréaliers. À la rentrée prochaine, le CAP Glacier fabricant (accessible comme spécialisation pour des titulaires d'un CAP ou d'un Bac) sera rejoint par un CAP Chocolatier-confiseur, auquel pourront postuler les élèves ayant achevé leur troisième.

Trois ou quatre offres d'emploi pour chaque élève

Cette nouvelle formation, Patricia Darjo aurait aimé pouvoir la promouvoir directement auprès des élèves, au sein des collèges et des lycées, comme le fait habituellement l'Enilia-Ensmic. Mais avec le contexte sanitaire, « pour communiquer, nous avons dû développer des stratégies nouvelles », explique-t-elle. « Tous les salons et forums ont été annulés ou transformés en virtuel. » L'école multiplie donc sa présence sur Internet, jusqu'à y transposer ses habituelles portes ouvertes. « Nous allons mettre en place des créneaux de visio », indique Patricia Darjo. « Les gens pourront se connecter pour avoir des infos générales. » Pour les plus intéressés, une visite de l'établissement sera bien possible, mais sur rendez-vous et uniquement par petits groupes.
Ces rendez-vous sont indispensables pour attirer des élèves dans des métiers dont le grand public oublie parfois l'existence. « Le boulanger, on le voit tous les jours, alors que le meunier n'est pas très visible », cite par exemple Patricia Darjo. Pourtant, ces métiers sont nécessaires, et surtout recrutent. Rémi Roche, élève de deuxième année de BTSA Sciences et technologies des aliments, spécialité Produits céréaliers, peut en témoigner. « Pendant mon stage, on est venu me voir pour me proposer une embauche », confie-t-il alors qu'il reste près de six mois avant l'obtention de son diplôme. À la sortie, chaque élève a trois ou quatre offres d'emploi, estime Patricia Darjo, et pas que dans les domaines pour lesquels ils sont directement formés. « On est sur l'alimentation, mais on a des ouvertures sur d'autres filières : les cosmétiques, le pharmaceutique, le médical... »
Ces dernières années, la directrice voit émerger une tendance sur le recrutement. « On se rend compte que les jeunes en BTS et BTSA sont de plus en plus issus de formations en boulangerie-pâtisserie », révèle-t-elle. « Ce sont des jeunes qui veulent savoir ce qui se passe en amont. C'est pertinent, parce qu'on sait qu'ils vont changer de métier plusieurs fois au cours de leur vie professionnelle. » D'autres acteurs des circuits alimentaires veulent eux découvrir l'aval de leur filière : « on a aussi des agriculteurs-boulangers. Ça correspond aussi à un besoin de consommation locale. »

 

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