L'Agriculteur Charentais 07 juin 2018 à 09h00 | Par Bernard Aumailley- Alexandre Veschini

Grêle du 26 mai : «Des mesures applicables immédiatement»

Didier Lallement, préfet de Région Nouvelle-Aquitaine, a présenté à Cognac le 1er juin les premières mesures à destination des agriculteurs.

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Conserver la maximum de végétation dans la vigne après le passage de la grêle.
Conserver la maximum de végétation dans la vigne après le passage de la grêle. - © AC

Le samedi 26 mai va rester gravé dans les mémoires charentaises et girondines un temps. Les orages sont passés par là, détruisant vignes et cultures sur leur tracé. Après la constatation des dégâts, les premières mesures d’aides au monde agricole arrivent. Dernière en date, celle de la venue à Cognac du préfet de région Didier Lallement, vendredi dernier. On n’y parlait pas que viticulture. «Nous avons des dégâts très ciblés dans certaines communes et inexistants dans d’autres. La situation nécessitait un premier tour de table» commente Le préfet de Région. «Nous avons réfléchi aux mesures applicables immédiatement. Au niveau de l’État, les préfets vont harmoniser leurs positions afin de rendre cohérentes et simultanées les mesures prises.» Lundi matin, c’était au tour du bureau de la Chambre d’agriculture de se réunir autour de Jonzac pour apprécier les dégâts et les premières mesures. «En début de semaine, les équipes se sont mobilisés pour dresser la liste de secteurs touchés et dès jeudi dernier une enquête a été envoyée aux exploitations concernées pour dresser un premier bilan» soulignait-on à la Chambre. «Des mesures d’accompagnement doivent être prises pour soutenir les entreprises agricoles» annonçait le bureau, avec l’annonce de la tenue d’une réunion à l’antenne de Saintes à, hier après-midi, à 16 h pour faire le point. On y fera donc l’état des lieux, on examinera les dispositifs d’accompagnement existants et on voudrait aussi proposer des actions à mettre en œuvre pour les entreprises impactées.

S’outiller pour prévenir la grêle

Dans les premières mesures annoncées, Didier Lallement détaillait : «pour le foncier non bâti par exemple, nous allons appliquer immédiatement le même dispositif que celui appliqué en Gironde l’an dernier pour éviter le cas par cas. Ce sera également le cas sur les autres mesures comme les aides aux heures de travail. La MSA va procéder de la même façon de manière à avoir une mise en œuvre extrêmement rapide des mesures.» C’est le but de la mobilisation actuelle. Le préfet de Région ajoute qu’une autre leçon de cet épisode, il y a celle de la prévention : «nous avons constaté qu’un meilleur déploiement de la trajectoire de l’orage aurait été plus pertinent pour limiter les dégâts. Chacun est d’accord, y compris les collectivités locales comme la Région, les deux Départements et les communes, pour que nous travaillions de concert pour évaluer les besoins en positionnement et en nombre de dispositifs anti-grêle.» Il préconise un dispositif plus homogène. Il faudra alors parler coût, financement ou pas par les professionnels et les collectivités locales. «L’Etat interviendra en tant que maître d’ouvrage public.» Il complète sur cette «anticipation» avec des prochaines mesures dans la réforme de la fiscalité agricole, avec des «épargnes de précaution» : «on voit qu’elle est une nécessité devant la récurrence des phénomènes climatiques. L’épargne de précaution pourrait se déployer dans les années à venir pour anticiper les mauvaises années sans que la fiscalité ne grève les bonnes années.» Durant ces entrevues, le point a été réalisé autour des réserves climatiques des viticulteurs, qui «apparaissent hétérogènes selon les zones géographiques.» Les Chambres ont insisté pour que s’améliore le «contrat socle» des assurances récoltes, mal adapté à la viticulture.

Gérer aussi au-delà de l’aspect matériel

Selon Christophe Forget, président de la fédération des interprofessions du bassin viticole Charentes-Cognac : «beaucoup de dispositifs ont été mis en place, pour apporter un peu de répit. Il doit y avoir une discussion à très court terme, plus globale, avec la Gironde pour mieux nous protéger. Il y a aussi un gros effort à faire pour l’agriculteur au niveau des assurances. Les assureurs doivent aussi proposer une offre qui convienne aux viticulteurs.» Il est rejoint sur ce point par Xavier Desouche, président de la Chambre d’agriculture de Charente  pour qui ces dégâts sont «récurrents» : «on y est très attentifs avec le réseau Anelfa. On parle de passer 96 générateurs à 121. Ces générateurs ajoutent aux poussières glaçogènes du nuage de grêle en formation de l’iodure d’argent en vue de réduire le diamètre des grêlons. C’est 350 K€ par an, il faudrait au moins en ajouter 200 K€ pour être efficace. Il faudra élargir avec la Gironde. Ce sont des orages extrêmement rapides qu’il faut traiter très en amont. »
Le vice-président de la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime, Michel Amblard finalise : «nous avons recensé 2 800 agriculteurs concernés sur le département. Nous avons 15 000 ha de touchés et une perte estimée à plus de 10 M€.» Comme toujours très humain, il s’empresse d’ajouter : «il y a une perte financière mais aussi une souffrance psychologique des agriculteurs qu’il faudra prendre en compte.» Pour Christophe Véral, président de l’UGVC : «l’agriculture veut se prendre en main et se donner les moyens. Il faut aller vite. Nous allons mettre des moyens pour lutter contre ces aléas, pour nos économies et pour l’emploi de nos bassins.» Les orages sont passés. On craint les prochains. Et surtout on panse leurs passages.

Face aux dégâts intervenus dans les cultures, vignes compromises, la MSA met en avant une série de mesures.

Les mesures d’accompagnement proposées par l’administration sont :
1 - Cotisations sociales
La MSA accordera des échéanciers de paiement des cotisations sociales afin d’alléger les charges des exploitations sinistrées. Elle met également à disposition des agriculteurs une cellule d’écoute et de soutien (09 69 39 29 19, accessible 24h/24 et 7j/7).
2 - Activité partielle
Le recours à l’activité partielle sera facilité pour les exploitants employant des salariés. S’adresser à la DIRECCTE si vous souhaitez en bénéficier.
3 - Achat de vendanges fraîches
Les services des douanes ont précisé que les exploitations touchées auront la possibilité de compenser partiellement les pertes induites par l’achat de vendanges fraîches ou de moûts. A la demande de la profession, la préfecture prendra un arrêté autorisant cette démarche.
4 - TFNB
La direction départementale des Finances Publiques a annoncé que le dégrèvement de la Taxe Foncière sur les Propriétés Non Bâties sera accordé aux viticulteurs sinistrés proportionnellement à l’importance des pertes constatées sur la récolte. La demande devra être faite collectivement par les maires aux services fiscaux. Se signaler auprès de la municipalité. En l’absence d’arrêté, il faut présenter des demandes individuelles de dégrèvement. Par ailleurs, pour le règlement des impôts, des demandes individuelles d’étalement, de report ou de remise peuvent être portées et seront étudiées. Se rapprocher de son centre des impôts.
5 - Report d’échéances
Les Établissements bancaires pourront mettre en place des reports d’échéances ainsi que des fonds de roulement. On peut d’ores et déjà contacter votre conseiller.
6 - Aide à la trésorerie
Le Conseil régional a également annoncé la possibilité de mettre en place une aide à la trésorerie, avec un dispositif incitatif à l’assurance, pour les agriculteurs les plus sinistrés.
7 - Report de l’arrachage (plantation anticipée)
En tout état de cause, les exploitants et les salariés concernés peuvent se rapprocher soit de leurs délégués MSA de leur canton ou communes, soit prendre contact avec la MSA des Charentes.

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Le chiffre de la semaine
600 000
C'est la surface, en ha, de maïs (toutes variétés confondues) en Nouvelle-Aquitaine. La région cultive environ 30 % du maïs français. La Charente-Maritime est au 3ème rang régional, derrière les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

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