L'Agriculteur Charentais 10 janvier 2019 à 16h00 | Par Carole Mistal

Evolution fait ses calculs

L’entreprise spécialisée a établi différents scenarii pour voir l’impact économique de la génétique sur le budget des exploitations.

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Les récompensés lors de l’assemblée générale, éleveurs en Deux-Sèvres.
Les récompensés lors de l’assemblée générale, éleveurs en Deux-Sèvres. - © A79

L’efficacité de la génétique s’aperçoit dans les chiffres. En partant du principe qu’un point d’ISU (*) représente 5 euros, les éleveurs ont tout intérêt à faire leurs comptes. Pour leur donner un ordre d’idée, Evolution, le leader français de la génétique, a réalisé une simulation sur trois types d’utilisation de semences (**). «Nous sommes partis d’un élevage de Prim’Holsteins avec 191 accouplements pour 154 naissances (***) et nous avons essayé de comprendre les leviers à activer pour optimiser la gestion du troupeau en combinant semence, conventionnelle ou sexée, et le croisement viande dans la stratégie de renouvellement du troupeau laitier », présente Cyril Baron, responsable animation et développement de la zone Poitou.

Trois scenarii

Dans le premier scénario, qui implique un accouplement 100 % en semences conventionnelles, le différentiel est de 28 points d’ISU entre les mères et les PAN, les produits à naître (soit respectivement 135 et 163 d’ISU). Cela représente un gain théorique de 140 E par femelle et de 5 410 E à l’échelle du troupeau. «Néanmoins, dans cet exemple-là, les 46 génisses gardées pour le renouvellement ne sont pas génotypées, l’éleveur ne garde donc pas les meilleures», insiste Cyril Baron.
Dans le deuxième scénario, des semences sexées sont réalisées sur le tiers supérieur des femelles, des semences conventionnelles sur le tiers médian et un croisement viande BBB sur le tiers inférieur. Dans ce cas de figure, l’ISU moyen des 43 génisses conservées est de 168, soit un gain de 25 E supplémentaire par animal, pour 8 572 E d’impact économique estimé. «Cela peut aussi s’expliquer par un nombre moindre de génisses à élever et donc moins de charges», précise le technicien d’Evolution.
Dans le dernier scénario, le tiers supérieur est en semences sexées et le reste est en croisement viande BBB, pour un ISU moyen de 181. Ici, l’impact atteint les 21 357 Ede gain supplémentaire par rapport à la situation standard mais cela implique un génotypage de toutes les génisses naissantes. Le taux d’ISU ainsi que la vente des 120 veaux croisés BBB explique ce profit, mais les prix du marché sont à surveiller car les animaux BBB sont nombreux, ce qui a entraîné une baisse des prix cette année.

Une application de gestion de troupeau

«L’utilisation de la semence sexée sécurise l’éleveur car il sait avec certitude qu’il prend les meilleures génisses. On a déjà des éleveurs dans ces démarches-là», assure Olivier Chauvin, chez Evolution.
Pour faciliter la gestion de troupeau, l’entreprise a également misé depuis cet été sur Icownect, un logiciel de gestion de troupeau qui doit faciliter le travail des exploitants en centralisant toutes les informations et en générant un planning d’action par code couleur pour la reproduction, le vêlage, le tarissement, l’écornage et le sevrage. L’application est encore en développement et de nombreuses nouveautés devraient survenir courant 2019 comme la possibilité de commander des IA directement, de connecter ses informations avec son robot ou sa salle de traite informatisée ou encore de voir sa paye du lait par la laiterie.

(*) : Index Synthèse Unique, qui rassemble une trentaine d’index combinant les caractères de production, les caractères fonctionnels (comptage cellulaire, fertilité et longévité) et la synthèse des caractères morphologiques.
(**) en se basant sur des prix moyens de 1 400 euros pour la vente d’une génisse, 1 300 euros pour le coût de l’élevage de génisse, 39 euros pour le génotypage ou encore 80 euros pour le prix d’un veau mâle.
(***) 191 accouplements x 0,9 de taux de réussite x 0,9 de pertes de veaux = 154 naissances.

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Le chiffre de la semaine
600 000
C'est la surface, en ha, de maïs (toutes variétés confondues) en Nouvelle-Aquitaine. La région cultive environ 30 % du maïs français. La Charente-Maritime est au 3ème rang régional, derrière les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

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