L'Agriculteur Charentais 25 janvier 2013 à 20h43 | Par Bernard AUMAILLEY

ENTREPRENEURS DU TERRITOIRE - Dis-moi qui t'emploie, je te dirais qui tu es

Analyse du recrutement par l'Université de Poitiers. Restent des marges de progrès sur l'accueil et la formation.

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Etonnante recherche qu'ont entrepris les Entrepreneurs de travaux agricoles de la région Poitou Charentes. Ils ont demandé à des étudiants de l'Université de Poitiers, en licence professionnelle Gestion des Ressources humaines, d'analyser comment se faisaient le recrutement et la formation dans les EDT régionales. Une première française, dont les résultats ont été communiqués lors de l'assemblée générale des EDT de Charente- Maritime à mi-janvier. «Typologie et emploi salariés dans les EDT.» Voilà l'intitulé de l'enquête menée par Chloé Fauré, Lucile Seguin, Elsa Ollivier et Elodie Auvray. Il fallait quelques chiffres à donner en échange, dans un accord régional, de dérogations dans l'emploi saisonnier (attestation de compétences pour les salariés permanents, promotion des bilans de compétences, livret d'accueil, etc.). C'est chose faite.
Taux de réponse à l'enquête : 75 %. C'est un bon score dont s'est félicité Philippe Largeau, président régional des EDT. La moitié des EDT en région sont des ETA. 82 % d'entre elles font de la récolte. «La majorité des EDT n'ont pas de poste administratif permanent. Seulement, 75 des EDT sur les 164 interrogées ont ce genre de poste peu formalisé (41 % des salariés) ou occupé par un conjoint.» L'enquête avait pour but de démontrer comment les EDT gèrent le surcroît d'activité : un tiers décide de le faire avec leurs permanents et quelques saisonniers, un autre tiers le fait avec les permanents seulement et un autre tiers embauche des salariés. 6 % des EDT régionales ne connaissent pas de surcroît d'activité. Les périodes de surcroît sont du 15 mars au 15 mai et du 6 juin au 30 novembre. La dernière la plus importante. La possibilité de 2012 du recours aux heures supplémentaires n'est exploitée qu'à 38 % par les EDT. «Un certain nombre d'entrepreneurs ont avoué ne pas la connaître.» Idem pour les attestations de formation.
Qui sont les salariés des EDT ?
Les CDD complètent le panel des emplois en EDT. «On fait peu appel à ces formes-là d'emplois. » Les saisonniers ont aussi entre 20 et 29 ans. Ils sont beaucoup employés dans les périodes de surcroît de travail. Stagiaires et apprentis sont peu utilisés dans les EDT. 9 % des salariés sont handicapés dans les EDT régionales. «Tous les salariés sont de nationalité française et tous résident dans la région où ils travaillent. Pour la majorité des salariés, ils sont un BTA ou un BTS agricole et occupent tous les postes d'ouvriers agricoles polyvalents ou conducteurs d'engins.»
On recrute surtout par le bouche-à-oreille tant pour les CDD, les saisonniers, les CDI. Rarement Pôle Emploi «car les candidats ne correspondent pas au profil recherché.» L'analyse démontre que les saisonniers reviennent d'une année à l'autre, ce qui induit le peu de recrutement possible. «Les autres formes de recrutement, agence d'intérim, groupement d'employeurs et bourses à l'emploi, sont peu utilisées.» Mais lorsque survient le recrutement, «les entrepreneurs trouvent toujours le salarié qui correspond à leur besoin, car ils embauchent par connaissance, de bouche-à-oreille.»
L'analyse a mis aussi à jour le peu de connaissance des EDT pour la formation. «9 EDT interrogées ont eu un salarié suivant avec un bilan de compétence et 6 en VAE. La moitié des EDT disent communiquer sur le dispositif individuel de formation.» Le «catalogue» FAFSEA a de beaux jours devant lui. Même si le débat qui suivit la présentation démontrait le manque patent de financement en la matière. Arrive en tête de la formation, l'obtention du permis poids lourd, puis capacité de transport. Mais l'époque était plutôt à la formation sur les phytosanitaires et leurs usages dans les EDT.
Les étudiantes ont aussi analysé, chiffres à l'appui, sur la communication auprès des salariés, entre eux via des réunions, et sur l'information sur les formations. «8 % des EDT ont réalisé leur document unique» concluaient-elles, «cela est dû à la complexité de sa mise en oeuvre, d'un manque de temps et de compétences pour y parvenir.» Quant au «livret d'accueil» des saisonniers, il est peu usité, car «l'accueil se fait de façon moins formelle. »

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C'est le nombre d'hectares vendus par la Safer en 2018, à l'occasion de 6052 ventes, pour une valeur de 428M€. Le marché du foncier rural a progressé de 12%. Le marché des terres viticoles est particulièrement dynamique.