25 avril 2013 à 14h18 | Par M.L.

Energie - Plan de soutien pour un millier de méthanisateurs d’ici 2020

Avec le plan énergie méthanisation autonomie azote, Stéphane Le Foll veut développer rapidement la méthanisation à la ferme.

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Proposer un modèle de méthanisation «à la française».
Proposer un modèle de méthanisation «à la française». - © D.Poilvet

Le plan énergie, méthanisation, autonomie azote (Emaa) a été présenté, lors d’une visite de Delphine Batho et Stéphane Le Foll sur un site de méthanisation d’une exploitation agricole du Morbihan. Son ambition est chiffrée : faire passer le nombre de méthaniseurs en France à 1000, d’ici à 2020, contre 90, fin 2012. Les projets collectifs et d’une puissance comprise entre 150 et 500 kW seront privilégiés, ce qui privilégie les unités de taille moyenne. L’objectif est d’aboutir à une gestion globale de l’azote, a insisté Stéphane Le Foll, en favorisant la substitution de l’azote minéral par de l’azote organique. Le plan n’a pas pour vocation de «régler l’ensemble des problèmes qui sont posés à l’élevage», a reconnu le ministre de l’agriculture, même si, à travers les annonces récentes sur les modifications des lois de modernisation de l’économie et de l’agriculture, et à travers la Pac, le gouvernement entend «donner une priorité globale à l’élevage».

Une méthanisation à la française

Mais c’est un modèle de méthanisation «à la française», que le gouvernement souhaite promouvoir, où cette activité serait «un complément de revenu qui participe à une logique vertueuse sur le plan territorial», selon les mots de la ministre de l’écologie. en outre, il s’agira d’éviter le scénario allemand où le maïs est employé dans les méthaniseurs et de chercher plutôt à favoriser l’emploi de cultures intermédiaires pour la méthanisation. À ce titre, un travail sur les plans agronomique, technique, économique, doit être réalisé sur les cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) et la façon dont elles peuvent être déployées pour la méthanisation.Pour les ministres, il s’agit de redonner aux éleveurs de l’espoir et l’idée que des projets sont possibles. Mais, sur les moyens, Stéphane Le Foll a été clair : «Ce n’est pas dans la situation du budget de l’Etat aujourd’hui que je pourrai annoncer des subventions ». Il s’agira donc de mobiliser les outils existants et de flécher les projets. Les ministres ont ainsi proposé plusieurs pistes et outils, dont : conforter le fonds déchet de l’Ademe pour mieux soutenir l’investissement de départ ; passer par les dispositifs de la Banque publique d’investissement pour garantir les emprunts et poursuivre une discussion engagée avec les établissements bancaires pour favoriser l’emprunt pour ce genre de projets ; optimiser le tarif d’achat de l’électricité produite, grâce à une hausse de 35 % de la prime accordée pour l’intégration d’effluents d’élevage dans les méthaniseurs ; passer par un appel à manifestation d’intérêt de l’Ademe pour qu’émergent des constructeurs français d’équipements de méthanisation ; relever de 50 à 60 tonnes d’intrants par jour le seuil du régime d’autorisation lié à la réglementation ICPE (installations classées, comme les porcheries) ; lancer un appel à projet «gestion collective et intégrée de l’azote» doté d’un fonds de 10 millions d’euros ; travailler dans les six prochains mois sur l’homologation des digestats.

Homologuer les digestats

«C’est très important, car à partir de là, une discussion doit être engagée aussi avec les coopératives, puisqu’elles vendent de l’azote minéral», a estimé Stéphane Le Foll. Mais l’étape est délicate : les ministres ont annoncé avoir commencé à travailler sur cette homologation des digestats, qui devra passer aussi par l’anses et correspondre aux règles européennes.


Lire le dossier complet dans l'édition du 26 avril

En Poitou-Charentes

La région Poitou-Charentes vient de lancer un nouvel appel à projet. Cette procédure fait partie du plan méthanisation régional. Ce dernier place le développement des unités de production de bio gaz à l’ordre des priorités.  L’ambition de cet investissement est de compter d’ici à 2020, 40 à 60 unités en production sur le territoire régional. Soit environ 40 MW de production électrique. Aujourd’hui, 15 MW sont en développement et presque autant à l’étude», comptabilise Gilles Bertoncini, ingénieur chargé de mission Méthanisation Biogaz à la Région. Animation et sensibilisation des différents acteurs sur le territoire, accompagnement technique des porteurs de projets, instruction financière, déploiement des aides financières. La Région, via le FREE, fonds régional d’excellence environnementale, peut subventionner, selon les dossiers, jusqu’à 120 000 euros par projet. «La transition énergétique est une réalité en Poitou-Charentes», commente Gilles Bertoncini et notamment grâce aux nombreux partenariats développés sur le territoire avec les chambres d’agriculture, les FDCuma aussi. Tout en permettant aux exploitants de diversifier leurs sources de revenus, la méthanisation ancre l’agriculture dans la production d’énergies renouvelables. «Bien ficelés, avec une valorisation maximale de l’énergie produite, qu’elle soit électrique ou thermique, les projets les plus petits sont économiquement viables », affirme l’ingénieur régional. Toutefois, à la région on ne se revendique d’aucune chapelle. Peu importe la taille du projet, ce qui intéresse c’est la transition énergétique. Plus la substitution entre énergie fossile et énergie renouvelable est grande plus la Région s’impliquera.

C.P.

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