L'Agriculteur Charentais 18 septembre 2019 à 09h00 | Par Bernard Aumailley

Didier Guillaume : Réponse à tout… ou presque !

Interrogé par les médias ou par les parlementaires charentais, le ministre s’empresse de mettre les choses au point.

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Didier Guillaume à la foire de Châlons, le 2 septembre 2019.
Didier Guillaume à la foire de Châlons, le 2 septembre 2019. - © Ministère de l’Agriculture

Le ministre de l’Agriculture s’exprime. Enfin, il répond à des questions des parlementaires charentais maritimes, ou sur les réserves de substitution. Didier Quentin avait alerté le ministre sur « l’instabilité juridique » des AUP suite aux annulations de ces dernières par le tribunal de Poitiers. Si le ministre souligne les « mesures transitoires » que préconise le tribunal, il rappelle aussi la demande de ce dernier : une gestion non conjoncturelle mais structurelle. « Ces jugements révèlent aussi des divergences d’interprétation et la nécessité de consolider et sécuriser des notions relatives à la gestion quantitative de l’eau, comme celles des volumes prélevables ou de substitution » écrit Didier Guillaume. Il annonce que l’État a fait appel du jugement et a demandé « un sursis à exécution ». Didier Guillaume extrapole : « dans le cadre du nouveau pacte pour faire face aux changements climatiques de juillet dernier, le Gouvernement s’est engagé à définir un cadre méthodologique permettant de déterminer les volumes de prélèvements d’eau à usage agricole dans une zone donnée pour la présentation des autorisations uniques de prélèvement. » Selon lui, il s’agit d’aboutir à une « sécurisation » de la méthode avec « pour ambition de stabiliser un mode de répartition de la ressource en eau répondant aux enjeux des différents usages. » Il complète en parlant de « durabilité de l’agriculture et des systèmes de production avec l’irrigation. »

Des projets de réserves… discutés

Et c’est sur même thème de l’eau et des réserves que le ministre de l’Agriculture a aussi déclaré que le gouvernement va autoriser la mise en place d’une « soixantaine » de retenues d’eau sur le territoire d’ici à 2022 pour mieux gérer l’irrigation des terres agricoles. « On ne va pas regarder la pluie tomber du ciel pendant six mois et la chercher les six autres mois de l’année », a défendu M. Guillaume sur le plateau de CNews. « Il s’agit de capter l’eau de pluie, de la retenir dans des retenues collinaires pour pouvoir la restituer après dans les sols lorsqu’il y a sécheresse », a-t-il expliqué.
Le ministre a rappelé avoir, avec le ministère de la Transition écologique, « obtenu une instruction arbitrée par le Premier ministre » pour « à nouveau faire des retenues d’eau ». Les retenues vont « se faire sur des projets de territoire discutés » avec les écologistes. Il a appelé au « pragmatisme » pour « que l’agriculture soit résiliente et puisse avancer ». Dans un communiqué, EELV s’interroge sur les propos du ministre : « Didier Guillaume aurait-il donc abandonné les projets de retenues de substitution que nous appelons bassines pour se contenter de retenues collinaires, c’est-à-dire de petites réserves bâties sur des eaux de ruissellement… ? » EELV rappelle ses propos sur BFMTV et RMC fin juillet : « il ne s’agit pas de pomper l’eau dans les nappes phréatiques », ou encore « l’eau qui tombe du ciel aujourd’hui, elle tombe et puis elle est perdue. Il est hors de question de réduire l’eau et d’enlever de l’eau dans les sols, dans les nappes phréatiques, il s’agit simplement de la retenir un peu... » EELV souligne que les réserves de substitution ne sont pas des retenues collinaires, pour aussitôt redire leur opposition aux premières. .
D’après Didier Guillaume, les agriculteurs utilisent « 30 % de moins d’eau aujourd’hui qu’il y a 10 ou 15 ans » et sont toujours plus nombreux à s’engager dans la « transition agroécologique ». « Si on veut continuer à avoir une agriculture française, et ne pas importer dont nous ne voulons pas, alors il faut que l’agriculture française soit résiliente », a-t-il martelé.

Débats clos

Le ministre répond aussi au sénateur Daniel Laurent sur le financement des chambres d’agriculture et sur la séparation du conseil et de la vente. Sur la première, il ne nie pas la baisse envisagée. Il minimise et la jauge à 6 % des ressources globales. Mais c’est dans « l’effort de réduction des dépenses publiques ». Il souligne que les chambres d’agriculture avaient été épargnée dans les baisses demandées depuis 2013. Au menu pour y parvenir : maîtrise des coûts, rationalisation, sélection dans les investissements. Point ! Second sujet : - 50 % de phytos en 2025 signifie « l’activation de leviers réglementaires ou incitatifs » dont la séparation en conseil spécifique ponctuel et stratégique. C’est le sens de l’ordonnance d’avril dernier. Le second « contribue à placer les agriculteurs comme les acteurs clés de la transition écologique ». Ils seront « indépendants » des conseils de vente. Il chiffre : 230 000 conseils stratégiques à donner (1000 € par an) dont 170 000 dans un conseil « allégé ». Seront exclus de ce conseil les bios et les HVE. Quant aux emplois perdus dans la vente, thème évoqué par Daniel Laurent, le ministre dit qu’il y aura des centaines d’emplois dans le… conseil. Il faudra certainement traverser la rue ! Les textes d’application de l’ordonnance sont en cours d’élaboration pour « une mise en œuvre adaptée ».

 

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Denis (85) | 20 septembre 2019 à 18:52:06

Des réserves collinaires en Aunis ? et même en Saintonge, ça va être difficile de trouver de vraies collines.. Le problème des bassines est le financement. Comment amortir 4 000 000 d'? pour qqs 700 000 m3 en arrosant du maïs ? Ce n'est possible que s'il y a du financement public, souvent à hauteur de 75%. Et c'est là que le bât blesse.

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