L'Agriculteur Charentais 27 mars 2013 a 18h00 | Par Bernard Aumailley

Crédit agricole - L'économie s'enrhume

La banque verte interdépartementale fait le bilan 2012 et envisage son déménagement à La Rochelle

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Alain Minault
Alain Minault - © A-C
En fait, ils ne font que rabâcher. Ils répètent que la décision est celle issue d’un projet d’entreprise,que des accords ontété passés auprès de deux des quatre syndicats pour réaliser «au mieux des personnels» unaccompagnement, que les sitessont trop vétustes pour ne pas réfléchir durablement à un autre investissement, que c’est en Charente-Maritime et principalementà La Rochelle qu’est (et sera) le futur, que…le déménagement des deux sièges, niortais et saintais, est bel et bien inscrit dans les tablettes. Alain Minault et Jean-Guillaume Ménès, respectivement président et directeur général de la caisse de Crédit agricole Charente-Maritime Deux Sèvres ne cessent d’avancer leur argumentaire, de nouveau d’étayer point par point le pourquoi du comment. «Le déménagement se fera en 2016 et on s’y prépare» disent-ils de concert, autant de fois qu’ils sont interrogés. Certes la «disparition» du siège à Saintes provoque l’émoi des édiles, mais tous deux mettent en avant le réseau de 165 agences,un programme de rénovation de toutes ces dernières. Somme toute «une présence sans égal sur tout le territoire.»Ils renvoient dans leur 22 (comme on parle au Stade Rochelais) les donneurs de leçon d’aménagement du territoire. Mais ils ont du mal tant sont-ils titillés sur ce déménagement. Si bien que les résultats de l’an dernier où le «contexte était compliqué, difficile», selon les termes de Jean-Guillaume Ménès, ont du mal à émerger. Et pourtant, avec40 % des parts de marchés sur ces deux départements, un soubresaut ou un hoquet peut s’avérer préjudiciable. Faiblesse passagère ? Ils l’espèrent.Un léger refroidissement.«A l’exception de l’agriculture(228 M€), les demandes de financement reculent sur tous les marchés», débutait Jean-Guillaume Ménès. Le montantdes réalisations de prêts à l’agriculture a atteint 228 millions d’euros, sur un total de1,4 milliard d’euros, soit une hausse de 15%, par rapport à 2011. Dans la réalité, le recul est de 13 % pour les crédits à la consommation (169 M€), -18 % pour l’habitat (576 M€). L’habitat, véritable jauge et locomotive de l’économie régionale, marque le pas. Faute à la morosité «ambiante» et aux élections peu propices. En agriculture, l’augmentation «significative» pour des investissements de renouvellement du matériel et la mise aux normes dans les élevages est constatée. «Le recours au crédit via les concessionnaires représente 50% des réalisations. Les immatriculations de tracteurs neufs sont en hausse de 27%, contre 12% au niveau national. De quoi conforter la position de leader de la caisse régionale avec 78% du marché de l’agriculture. Sur les deux départements, 99 installations ont bénéficié des aides publiques. Mais les installations non aidées progressent. La volatilité des cours des matières premières restera selon les analyses de la banque, une préoccupation majeure». Jean-Guillaume Ménès ne s’attarde pas sur les «conditions de reprise», tant est «très fragile» le contexte. Le résultat net de la caisse est éloquent : - 9,5% à 83 M€. «Il s’explique par une marge nette bancaire en baisse de 4,3%, des charges de fonctionnement en hausse de 7,5%, soit un RBE de 139 M€ en baisse de 16%. Mais le résultat s’explique aussi par une baisse de 15 millions d’euros des dividendes de Crédit agricole SA et par une politique de frais bancaires plus favorable pour les clients.» Le directeur parle aussi d’une hausse considérable des impôts imposés aux banques qui grève le budget. Si le déménagement, assorti de son projet d’entreprise, est dans la ligne de mire, dans l’immédiat, «la bascule» sur le système informatique de tout le réseau Crédit agricole est le prochain challenge. C’est pour la mi-mars. Dans l’année, on va concevoir de nouveaux types d’agence, où le personnel est au coeur du dispositif, à Aytré et Saintes.
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