L'Agriculteur Charentais 27 septembre 2018 à 09h00 | Par Jean-Louis Moynier - Céline Drillaud Marteau - Romain Tscheiller

Céréales

Arvalis Institut du Végétal donne des conseils dans le choix des variétés, la densité, la date de semis, les traitements... Tour d'horizon du côté du blé tendre d'hiver, du blé dur, des orges.

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- © P.Cronenberger

L’année 2018 ne déroge pas à la tendance des dernières années : les périodes froides et chaudes, humides et sèches ont alterné, perturbant aussi bien le développement des cultures que les travaux. Les résultats de la récolte, moyens dans l’ensemble sont en partie préservés par une teneur en protéines assez élevée. Mais derrière la moyenne, de grandes différences de résultats sont observées.
Après un été assez sec, les pluies de septembre permettent de préparer les sols, mais le temps assez chaud et sec d’octobre, entraîne un fort dessèchement de surface. Les semis sont réalisés dans le sec, l’essentiel des implantations s’effectue autour du 20/10. Comme en 2016-17 les pluies automnales sont très déficitaires. Il faut attendre fin novembre - début décembre pour retrouver des pluies qui deviennent régulières et abondantes et régularisent les peuplements. Malgré la sécheresse automnale, les désherbages d’automne réalisés dans le sec s’avèrent efficaces avec le retour des pluies. Malgré l’extrême douceur d’octobre qui favorise une présence importante des pucerons sur les semis très précoces, le froid, les petites gelées et les levées lentes de novembre ralentissent ensuite leur activité et l’année se montre plutôt clémente pour les semis normaux ou tardifs.
Après la sécheresse d’automne, l’hiver est beaucoup plus arrosé : les pluies continues de décembre à fin février rendent les parcelles impraticables La saison de drainage démarre timidement à la mi-décembre et s’accentue au cours du mois suivant. Après l’extrême douceur de janvier, la 1ère décade de février est plus fraiche avec de fréquentes petites gelées. Un bref mais sévère épisode de froid survient à la fin février, sur des céréales déjà bien avancées suite à la douceur de janvier. Il s’accompagne d’un arrêt des pluies l’espace d’une semaine permettant dans les sols sains de réaliser les interventions nécessaires. À partir de la fin janvier, les sols hydromorphes commencent à souffrir d’excès d’eau avec des biomasses en retrait au début de la montaison. Cet effet est accentué par l’impossibilité d’apporter l’azote en début de montaison. Parallèlement, des symptômes de mosaïque s’expriment suite au froid de février principalement sur blé dur.

Un salissement important des parcelles

Le temps froid de février a réduit l’avance prise en janvier pour revenir à une tendance plus normale : le stade épi 1 cm survient autour du 15 mars pour les semis de fin octobre, soit une date proche de la normale. Dans les sols sains, les pluies répétées de mars garantissent une très bonne efficacité des apports d’azote de fin tallage et début montaison. À l’inverse, certaines parcelles notamment en sol hydromorphe souffrent temporairement de carences en azote à partir des stades 1-2 nœuds faute de portance pour pouvoir épandre l’engrais.
Le début montaison est marqué par des pluies orageuses répétées et inégales entre secteurs. Les sols les plus sensibles souffrent d’excès d’eau et de carences induites en azote. Difficile d’intervenir sur les parcelles par manque de portance et/ou du fait des fortes amplitudes thermiques qui retardent considérablement les rattrapages de désherbage et les applications de régulateurs. Il faut attendre le retour de conditions plus sèches à la mi-avril pour que les sols ressuient et soient de nouveau praticables. Les températures d’avril sont excédentaires avec de fortes amplitudes thermiques. Une relative sécheresse s’installe, accentuée par les fortes températures.
L’impossibilité de réaliser précocement les désherbages de rattrapage conduit au salissement important des parcelles, ayant potentiellement un impact sur le rendement dans les situations à forte pression. Par ailleurs, les désherbages réalisés en conditions limites (gel dans les jours suivant ou stades tardifs) entrainent des manques de sélectivité fréquents. De même, les régulateurs sont appliqués tardivement avec probablement des efficacités irrégulières.
La rouille jaune est également présente sur variétés sensibles en continu durant la montaison mais est bien maîtrisée. La septoriose reste la maladie dominante de l’année. La maladie progresse avec les pluies régulières de mars et début avril, mais la montaison rapide et l’arrêt des pluies limitent sa progression au cours de la 2ème décade d’avril. Cela permet de positionner le 1er passage entre dernière feuille pointante et gonflement selon la sensibilité des variétés. La rouille brune apparaît tardivement, après l’épiaison. Au final, la nuisibilité des maladies foliaires est proche de la valeur historique (12 q/ha en blé et 14 q/ha en orge d’hiver).

Peu de précipitations début mai

En sol superficiel, le déficit hydrique se creuse avec la chaleur d’avril et justifie un déclenchement des irrigations à partir du 20/25 avril selon les secteurs. Les pluies de fin avril permettent finalement une assimilation satisfaisante de l’azote apporté en fin de montaison (dernière feuille étalée – gonflement). Les épiaisons surviennent la 1ère semaine de mai.
Après les pluies incessantes de l’hiver et du printemps, les deux premières décades de mai connaissent très peu de précipitations. Seuls quelques secteurs très localisés subissent de violentes averses orageuses autour du 8 mai. Un temps orageux perturbé, avec des pluies abondantes et régulières s’installe de fin mai à la mi-juin et couvre la majorité de la période de remplissage. Localement, les orages de grêle violent le plus souvent accompagnés de forts abats d’eau provoquent d’importants dégâts notamment en Charente et Charente Maritime. Sur cette même période, on dénombre très peu de jours échaudant et de déficit hydrique. Lorsque les apports d’azote ont pu être positionnés à temps dans les rares fenêtres disponibles, la nutrition azotée des plantes est correcte.
Ainsi, les sols les plus difficiles (hydromorphes et superficiels) passent d’un état d’excès d’eau à un état de déficit hydrique entre épiaison et floraison. Dans ces situations, la fertilité des épis est affectée.
Les récoltes démarrent très précocement avec les 1ères orges moissonnées autour du 15-20 juin, les 1ers blés dès les derniers jours de juin. Les orages de début juillet arrêtent momentanément les chantiers et accentuent la dégradation des PS. Ils provoquent du mitadinage sur blé dur lorsque les cumuls dépassent 20 à 30 mm malgré les teneurs en protéines sont assez élevées. Fort heureusement, la météo permet une récolte rapide : au 20 juillet, la majorité des céréales a été récoltée.
Les rendements sont très hétérogènes et sont inférieurs en moyenne aux valeurs pluriannuelles (-10 à -20 %) en particulier dans les bonnes terres, dans les secteurs plus sévèrement impactées par l’excès d’eau à montaison ainsi que par les pluies excédentaires couplées au faible rayonnement durant le remplissage des grains.
Les PS sont corrects en sols sains, ils sont moyens à faibles dans les sols plus sensibles à l’hydromorphie. Les maladies du pied et des racines accentuent cette dégradation. Les teneurs en protéines sont satisfaisantes (11.5 à 13 % en blé tendre, > 14.5 % en blé dur).

 

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Le chiffre de la semaine
600 000
C'est la surface, en ha, de maïs (toutes variétés confondues) en Nouvelle-Aquitaine. La région cultive environ 30 % du maïs français. La Charente-Maritime est au 3ème rang régional, derrière les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

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