L'Agriculteur Charentais 17 décembre 2020 a 10h00 | Par Kévin Brancaleoni

Caprins : Jouer la carte de la différenciation

À Dompierre-sur-Mer, Fanny Gaudin s’est lancée il y a quelques mois dans l’élevage de chèvres. Elle a ouvert mi-septembre son espace de vente directe, en tirant profit de la proximité immédiate de l’agglomération rochelaise.

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Fanny Gaudin dans sa chèvrerie, avec son troupeau de race Alpine. En arrière-plan, la salle de traite, conçue pour lui faciliter le travail : « Ce sont les chèvres qui montent et pas moi. »
Fanny Gaudin dans sa chèvrerie, avec son troupeau de race Alpine. En arrière-plan, la salle de traite, conçue pour lui faciliter le travail : « Ce sont les chèvres qui montent et pas moi. » - © AC

Manger du fromage de chèvre issu de l’agglomération de La Rochelle, c’est désormais possible ! À Dompierre-sur-Mer, Fanny Gaudin a ouvert le 19 septembre sa boutique de commercialisation en circuit court, ‘‘La Cabane des Biquettes’’. Elle y propose tout un ensemble de produits au lait de chèvre fabriqués directement sur son exploitation.
La jeune agricultrice de 27 ans a d’abord fait des études de commerce, puis travaillé chez Décathlon à La Rochelle pendant quatre ans avant de repartir en formation à Melle où elle a obtenu un diplôme de responsable d’exploitation agricole, spécialité chevrier/fromager. Elle a ensuite travaillé dans plusieurs exploitations des Deux-Sèvres et de Charente-Maritime pour préparer son projet de reprise de l’exploitation de son cousin, concrétisé début 2019. Pour l’heure, elle y travaille seule, mais espère être bientôt rejointe par son petit frère, actuellement ouvrier agricole. « L’idée, c’est qu’il soit installé rapidement, qu’il s’occupe du végétal et moi de l’animal. »
Pour l’heure, elle bénéficie de l’aide de son père pour les travaux des champs. Une partie de ses 124 ha est cultivé en grandes cultures et revendu à Terre Atlantique, tandis que le reste est destiné au nourrissage de ses 140 chèvres de race Alpine chamoisée. « Pour moi, l’agriculture, ce n’était pas possible sans animaux », explique-t-elle. « Mon père a des vaches depuis 40 ans, donc je connais bien, mais je voulais des animaux plus faciles à vivre au quotidien, pour lesquels je pouvais tout faire de bout en bout. »

Un élevage conçu pour travailler seule

Après avoir hésité avec les moutons, elle s’est décidée pour les chèvres. « J’ai constitué mon troupeau avec deux élevages des Deux-Sèvres, chez qui j’avais réservé des chèvrettes pleines. » Elle compte désormais accroître progressivement son troupeau via les naissances (uniquement sur monte naturelle, avec ses 3 boucs) pour atteindre les 160 chèvres.
Pour accueillir son élevage, elle a fait construire deux bâtiments : un dédié au fourrage, sur 450 m2, et une chèvrerie avec bloc de traite et laboratoire de transformation sur 800 m2. Entièrement construit en bois, le bâtiment se démarque par la clarté qui y règne grâce à ses nombreuses fenêtres. « Je voulais ce matériau pour le côté thermique et le côté esthétique », révèle-t-elle. Tout a été conçu pour qu’elle puisse travailler seule, de la naissance des chèvres à la transformation du lait, en passant par la traite, qu’elle a choisi de ne faire qu’une fois par jour. « Dans la salle de traite, par exemple, ce sont les chèvres qui montent et pas moi. » Elle a décidé de travailler en fumier accumulé, avec un renouvellement par mois l’hiver et un toutes les deux semaines en été. Elle a aussi décidé de pratiquer la lactation longue. « J’ai fait le choix de ne mettre que la moitié du troupeau à la reproduction, une année sur deux », explique-t-elle.
Même pour la commercialisation, elle a veillé à optimiser son fonctionnement en n’installant pas de vitrine dans son espace de vente, préférant sortir une échelle de présentation de sa chambre froide à l’arrivée des clients pour ne pas perdre de temps en montage/démontage à chaque fois.

Miser sur la vente directe

Installée à proximité immédiate de l’agglomération rochelaise, Fanny Gaudin mise beaucoup sur la vente directe. « Il y a un potentiel de marché très important », estime-t-elle. « Les gens sont demandeurs en produits proches de chez eux. » Elle profite aussi d’un emplacement avantageux entre les routes menant de La Rochelle à Niort et Surgères... même si des travaux de plusieurs mois ont commencé sur ces accès, quelques semaines après son installation. Mais les clients restent fidèles, assure-t-elle, et « la communication marche quand même , notamment via sa page Facebook où elle présente régulièrement ses produits et son troupeau. La fin de l’année approchant, elle prévoit d’étendre un peu son catalogue en vue des fêtes. « Il y aura de la charcuterie de chèvre, et des spécialités de fromage, avec une barquette apéro aux saveurs de Noël », promet-elle.
Pour l’heure, les deux-tiers de son lait sont encore collectés par Terra Lacta, mais elle espère accroître très rapidement la part destinée à la transformation sur place. Mais l’objectif, à terme, n’est pas d’accroître ses quantités. Elle préfère jouer la carte de la « différenciation », en maîtrisant la chaîne de production d’un bout à l’autre, avec des produits diversifiés et de qualité, « tout en travaillant en famille, sur les terres familiales ».

 

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