L'Agriculteur Charentais 10 avril 2013 à 16h37 | Par Bernard AUMAILLEY

CAMPAGNE D'IRRIGATION - Rien de nouveau sous le soleil, sinon moins d'eau

Pas moins de quatre arrêtés viennent régir les deux moments possibles d'irrigation, printemps et été, avec une nouvelle baisse des volumes attribués.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Avril, c'est le mois des arrêtés cadre. C'est ainsi que se scelle la «négociation» d'avant campagne d'irrigation. Pour cette année, on a promis une harmonisation régionale accrue, il n'y a pas moins de quatre arrêtés. Le premier délimitant des zones d'alerte et définissant les mesures de réductions structurelles des volumes d'eau autorisés pour l'usage d'irrigation dans le département de la Charente- Maritime entre le 1er avril et le 30 septembre 2013. Le second délimitant des zones d'alerte et définissant les mesures de limitation ou de suspension provisoires des usages de l'eau dans le département de la Charente-Maritime hors bassins du Curé-Sèvre Niortaise et du Mignon. Et le troisième quater délimitant des zones d'alerte et définissant les mesures de limitation ou de suspension provisoire des usages de l'eau du 1er avril au 27 octobre 2013 dans le département de la Charente- Maritime pour faire face à une menace ou aux conséquences d'une sécheresse ou à un risque de pénurie d'eau dans le secteur du Marais poitevin. Le quatrième, interdépartemental, définissant le cadre des dispositions à mettre en oeuvre en matière de gestion des situations de crises liées à l'apparition d'une sécheresse ou d'un risque de pénurie d'eau dans le marais poitevin.
Est-ce à dire qu'il y a là la feuille de route 2013. Seul l'avenir le dira. Ni les agriculteurs, ni les services préfectoraux ne peuvent avoir d'actions sur la pluviométrie. Le tableau, maintenant classique cidessous reprend l'essentiel des arrêtés. Ainsi apprend-on par souci de cohérence que pour l'Aume Couture, c'est le préfet de Charente qui est pilote, comme pour le Né ou le Lary Palais. Et c'est celui de Dordogne qu'il l'est pour la Dronne aval. Généralement, on distingue gestion de printemps jusqu'au 11 juin et gestion d'été du 12 juin au 30 septembre. Sauf pour le Marais poitevin où l'été commence au 16 juin. Ces quatre arrêtés se «superposent » cherchant la fameuse cohérence régionale.
Difficile dans les quatre arrêtés cadre d'entrer par ces colonnes dans le détail des mesures de prévisions d'une gestion de l'eau sur les deux campagnes d'irrigation, printemps et été, sur les bassins qui couvrent la Charente-Maritime. L'ensemble des arrêtés sera disponible sur le site de votre hebdomadaire (www.agriculteur-charentais.fr) pour une meilleure compréhension. Voir également le tableau synthétique ci-dessous pour les quatorze zones hydrauliques avec les seuils d'alerte et de coupure. Cette année, sont de nouveau introduites des notions de limitations des usages en pourcentage par rapport à un volume donné. Il existe aussi des mesures spécifiques pour la gestion de l'eau dans le Marais poitevin.
Les arrêtés-cadre introduisent donc des mesures de «répartition» du volume sur les bassins. Le premier faisant l'objet de ces mesures est l'Aume Couture qui est sous la houlette du préfet de la Charente et arrête la période d'irrigation de printemps au 11 juin (comme les autres bassins). Sur cette période il n'est pas prévu de limitation. Les pourcentages de limitation sont moins restrictifs sur ce bassin que sur les treize autres bassins.

Daniel SEGUIN, Président de l'ACIME
Daniel SEGUIN, Président de l'ACIME - © A-C

«ON NE NOUS ÉCOUTE PAS !» 

Lorsque l'on demande à Daniel Seguin, le président de l'association des irrigants de Charente-Maritime ce qu'il pense de ces nouveaux arrêtéscadres, il est laconique : «ils semblent conformes, à première lecture, avec ce que nous avons entendu et tenté de discuter en février et en mars avec la préfecture.» Pour aussitôt souligner qu'ils entérinent une nouvelle baisse des volumes «inacceptables », même s'il comprend le « raisonnement administratif. » Voir de nouveau en 2013 réduits les volumes alloués l'irrite car il ne voit toujours rien venir du côté des réserves de substitution. Selon lui, les unes ne vont pas sans l'autre. Daniel Seguin revient aussi sur une «vision» technocratique de la gestion de l'eau. Des beaux modèles fictifs, «conçus dans des bureaux», «complètement éloignés des réalités culturales, de la pluviométrie» : «voulons-nous voir des gens arroser pendant qu'il pleut pour utiliser leur volume ? C'est absurde.» Il s'insurge contre l'instauration de dates «butoir» qui n'ont rien à voir avec l'agronomie. «Au même moment, on nous demande d'être plus près de cette agronomie, de la croissance des plantes...» Un peu vindicatif, Daniel Seguin estime que la seule parole entendue semble être celle de la manifestation. Pourtant 2013 s'annonce mieux. «Ce printemps n'a naturellement rien à voir avec celui de l'an passé. Toutes les nappes sont rechargées et les débits des rivières sont hauts. Nous ne devrions pas connaître de soucis. A moins que...» Les risques de canicule printanière semblent écartés pour avril. Mais Daniel Seguin a appris à ne pas préjuger des mois d'été. «Les vidanges sont naturelles dans le mois qui vient. Avec ou sans irrigation...» Message sybillin à qui veut faire porter le chapeau du bouc émissaire aux irrigants.


Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Agriculteur Charentais se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui