L'Agriculteur Charentais 08 février 2018 à 01h00 | Par Guillaume de Werbier

BSV : Une meilleure analyse du risque avec des observateurs à l’affût

Mardi 30 janvier, les observateurs de terrain Poitou-Charentes pour le Bulletin de Santé du Végétal Grandes cultures se sont réunis au lycée agricole Venours.

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Les départements de l’ex-Poitou-Charentes compte 80 observateurs pour le BSV Grandes cultures.
Les départements de l’ex-Poitou-Charentes compte 80 observateurs pour le BSV Grandes cultures. - © VR

Présenter l’état sanitaire des cultures, l’évaluation du risque phytosanitaire, des messages réglementaires : c’est l’objectif des Bulletins de Santé du Végétal, rédigés à l’attention des professionnels des différentes filières végétales, pour qu’ils puissent plus facilement raisonner leur interventions phytosanitaire. La qualité et la précision des contenus de ces bulletins reviennent sont dus en grande partie aux réseaux d’observations des bio-agresseurs mis en place pour renforcer la surveillance biologique du territoire (SBT) dans le domaine du végétal (Plan Ecophyto 2018).
Les départements de l’ex-Poitou-Charentes compte 80 observateurs (agriculteurs et structures morales, type chambres d’agriculture, FREDON, instituts techniques, coopératives, négoce…) pour la filière grandes cultures, soit 242 parcelles suivies à la loupe sur la dernière campagne. «En 2017, pour qui a régulièrement suivi la présence de la septoriose dans son blé, n’a fait qu’un traitement, plutôt que trois», note Khalid Koubaiti, de la FREDON Poitou-Charentes, animateur SBT Grandes cultures, pour souligner que Bulletin de Santé du Végétal permet d’aider l’agriculteur à la reconnaissance des ravageurs et des maladies des cultures. On remarque tout l’intérêt de l’observation quand par exemple une maladie arrive soudainement, comme ça a été le cas avec la rouille jaune sur blé. On peut réagir rapidement et ainsi sauver sa récolte. L’objectif final, c’est de raisonner de plus en plus les traitements, et de les réserver aux situations les plus impératives.
«L’outil d’aide à la décision» qu’est le BSV, comme le qualifie Laetitia Seguinot, de la Chambre régionale d’agriculture Nouvelle-Aquitaine, animatrice inter-filière SBT, est aussi là pour alerter sur l’émergence d’un risque de pression sanitaire : «La chrysomèle du maïs est présente en France depuis 2002», explique Khalid Koubaiti. «Nous avons regardé l’évolution de ce ravageur, car on savait qu’il y avait un risque pour nos territoires. Ce suivi a permis de confirmer qu’il est bien présent dans la région. On en a piégé l’année dernière à La Couronne en Charente. On a pu après intervenir rapidement et éviter son expansion, qui aurait engendré de multiples traitements sur des exploitations voisines. » L’animateur Grandes cultures met aussi en garde les agriculteurs sur le développement croissant de l’orobanche sur tournesol. «On est au début de sa présence : pour limiter la dissémination des graines, des mesures prophylactiques sont nécessaires, comme nettoyer le matériel après usage ou encore récolter les parcelles infectées en dernier.»
Il existe 27 éditions de BSV, toutes filières confondues, sur l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine, dont trois consacrées aux grandes cultures (une pour le Poitou-Charentes, une pour le Limousin, une pour l’Aquitaine). «Nous allons prochainement consulter les lecteurs et les observateurs  pour savoir si ces trois éditions, dans leur forme actuelle, restent toujours pertinentes pour une bonne analyse du risque», confie Laetitia Seguinot. «Si sa présentation évolue, il faut veiller à rester proches des différents secteurs, tout en s’enrichissant des observations faites sur les territoires voisins.» L’animatrice signale que le réseau est toujours à la recherche de nouveaux observateurs. Avis aux amateurs.

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Le chiffre de la semaine
37 Mt
Le service statistique du ministère de l’Agriculture a estimé le 9 juillet la récolte 2019 de blé tendre en hausse, sans toutefois prendre en compte la canicule de fin juin qui « pourrait affecter les rendements ». « La production de blé tendre atteindrait 37 Mt : elle augmenterait sur un an (+8,5 %) et par rapport à la moyenne 2014-18 (+3,6%) », selon une note. Un bon rendement est prévu, à 73,7 q/ha (+3,9 q/ha par rapport à 2018), supérieur de 5% à la moyenne quinquennale. « La récolte de blé dur subit une chute de 18,6% en un an, sous l’effet du recul des surfaces » à 271 000 ha (-23,4%), leur plus bas niveau depuis 1997, poursuit Agreste. Avec 3,9 Mt, « la production d’orge de printemps est en forte progression (+27,2 % sur un an) essentiellement grâce à la hausse de la sole ».

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