L'Agriculteur Charentais 30 septembre 2019 à 11h00 | Par Laurence Guilemin

Baie de l'Aiguillon : restaurer les vasières

Le programme Life Baie de l'Aiguillon oeuvre pour restaurer l'habitat vasière. Des travaux d'expérimentation sont en cours.

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Expérimenter l'enlèvement des « crassats » pour retrouver un habitat naturel de vasière.
Expérimenter l'enlèvement des « crassats » pour retrouver un habitat naturel de vasière. - © AC

C'est un projet « exemplaire » qui vient de débuter : la restauration de vasière, dans le cadre du programme Life Baie de l'Aiguillon, par l'enlèvement des « crassats ». C'est-à-dire des amas de larves d'huîtres japonaises, Magallana gigas, formant des pièges à sédiment. En effet, depuis les années 50, les concessions conchylicoles (pieux de bouchot et tables ostréicoles) ont glissé vers l'aval de la baie. Certaines ont été abandonnées et n'ont pas fait l'objet d'une remise en état. Elles sont devenues des supports au développement de ces huîtres. « L'objectif est de mener une expérimentation sur 3 ans, sur 400 ha d'une vasière qui en compte 3 700 ha dans la baie de l'Aiguillon et 1 100 ha de pré salés. Ces derniers ont un rôle majeur de nourricerie pour la faune piscicole. Ce test sera réalisé également sur le canal de Luçon et à Charron pour expérimenter sur différentes surfaces répondant aux enjeux de la baie », explique Loïc Chaigneau, chargé de mission du programme. Ces « crassats » ont des incidences sur la fonctionnalité de la baie : perte d'habitat de vasière, accélération de du sédiment, concurrence de coquillage d'élevage pour la ressource alimentaire... La Baie de l'Aiguillon est classée en réserve naturelle nationale.
Un inventaire a été réalisé, tout comme des relevés topographiques aériens, avant de lancer le chantier. Si les premières conclusions s'avèrent fructueuses, ce programme sera étendu sur d'autres sites en France et en Europe.
L'entreprise Trézence TP de Migré, a été choisie suite à un appel privé à concurrence. Une pelleteuse montée sur une plateforme enlève la vase pour en extraire les coquillages qui sont broyés en poudre (pour une valorisation dans un prochain avenir), la ferraille est triée. Tout ceci ne peut se réaliser qu'en fonction des horaires de marées.
Ce projet, de 2 MEUR , est aussi exemplaire en termes de partenariat : LPO, ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage), PNR Marais Poitevin, Europe, Etat, CDC Biodiversité. Cette restauration de vasières, sera longuement mise en avant, lors d'un colloque à La Rochelle, les 28 et 29 octobre 2020.

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