L'Agriculteur Charentais 04 octobre 2018 à 11h00 | Par Kévin Brancaleoni

Arbres et cultures sont compatibles

Au lycée Desclaude de Saintes, la journée agroforesterie a mis en avant les avantages de cette technique.

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Parmi les participants à la journée, de nombreux lycéens et étudiants ont pu découvrir les avantages de cette méthode.
Parmi les participants à la journée, de nombreux lycéens et étudiants ont pu découvrir les avantages de cette méthode. - © AC

Se former pour agir : c’est l’objectif affiché par la journée d’échanges autour de l’agroforesterie qui s’est tenue le 27 septembre au lycée Desclaude de Saintes. Sous le patronage conjoint de l’EPLEFPA de Saintonge, de l’agence de l’eau Adour-Garonne, de l’association Nature Environnement 17 et de la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime, les participants ont pu découvrir les témoignages d’agriculteurs adeptes de cette méthode et les explications de techniciens spécialisés.
En ce début d’automne très sec, la question de l’eau a bien été abordée. «Nous reconnaissons l’agroforesterie comme un système vertueux pour la qualité de l’eau et donc pour la biodiversité aquatique», a indiqué Sylvie Rambaud de l’Agence de l’eau Adour-Garonne. Selon elle, le développement du système sera l’un des enjeux du 11e programme de l’agence, en cours d’élaboration. «L’agroforesterie permettra d’adopter de meilleures pratiques», a-t-elle assuré en expliquant que des aides sont prévues pour les agriculteurs qui s’y lanceront. «Notre rôle, c’est d’accompagner ces politiques publiques», a alors expliqué Michel Amblard, vice-président de la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime. «Nous sommes depuis longtemps engagés dans cette démarche.»
Du côté de Nature Environnement 17, Jean-Joël Gaurier souhaite faire passer un message clair et conciliant. «Nous ne sommes pas du tout contre les agriculteurs !» a-t-il assuré, avant de dénoncer les contraintes de prix qui leur sont imposées dans l’exercice de leur métier. Il souhaite avant tout aider à l’adoption de nouvelles techniques. «Qui arrive à se remettre en cause après 30 ans d’un travail acharné ? Mais il y a tout intérêt à le faire, à s’entendre pour l’avenir de l’agriculture.»

Lutter contre les parasites et les fortes chaleurs
Sont ensuite intervenus des agriculteurs adeptes de l’agroforesterie, comme Ludovic Etourneau, agriculteur à Landes, près de Saint-Jean-d’Angély, passé au bio en mai 2017 et qui pratique l’agroforesterie sur une quinzaine d’hectares, qui présente son expérience toute récente. Venu de plus loin, Benoît Vinet, viticulteur en Gironde, parle de son domaine viticole créé de toutes pièces en 2000, en agriculture biologique dès l’origine, et où il a implanté 350 arbres, tous fruitiers, sur 8 ha. Outre la culture secondaire qu’ils représentent, ils permettent selon lui de recréer de la biodiversité et de lutter contre les parasites, grâce à l’abri qu’ils offrent aux oiseaux, chauves-souris et autres insectes. Leur implantation permettrait aussi de lutter contre l’impact climatique sur les vignes, que ce soit les excès de vent, d’eau ou de chaleur.
L’après-midi était consacré à des ateliers de découverte pratique, d’échanges en petits groupes ou d’inspection des haies du lycée.

Retrouvez notre article sur cet événement dans notre édition papier du 5 octobre 2018.

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10 420
C'est le nombre d'hectares vendus par la Safer en 2018, à l'occasion de 6052 ventes, pour une valeur de 428M€. Le marché du foncier rural a progressé de 12%. Le marché des terres viticoles est particulièrement dynamique.

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