L'Agriculteur Charentais 22 février 2018 à 09h00 | Par Arvalis

Apports d’azote : Quelles interventions et quand ?

Il a plu. Mais comment s’assurer d’un bon apport ? Arvalis Institut du végétal donne ici quelques conseils pour les céréales.

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- © Thierry Guillemot

Où en est-on ? Après le mois de janvier très pluvieux et doux, la 1ère quinzaine de février a été moins arrosée et surtout relativement froide. Si la douceur de janvier a permis aux cultures de prendre une relative avance par rapport à la normale, la croissance s’est considérablement ralentie. Les variétés les plus précoces, lorsqu’elles ont été semées tôt, ont amorcé leur montaison. Très ponctuellement certaines parcelles pourraient atteindre le stade épi 1 cm dans les prochains jours. Dans de rares cas le stade est déjà atteint : ces situations concernent les variétés peu sensibles à la durée du jour pour des semis avant le 20 octobre en général, le 25 octobre en bordure maritime. Parmi les plus cultivées dans la région, nous pouvons citer : Descartes, Filon, Altamira, Cellule, Hydrock, Hybello, pour les blés tendres, Anvergur, RGT Voilur, Sculptur et Miradoux pour les blés durs. Dans toutes les autres situations, en raison des conditions plus fraîches du moment et des jours encore courts, les stades épi 1 cm ne surviendront au plus tôt qu’au début du mois de mars. Du côté des stocks d’azote dans le sol, la situation s’est stabilisée depuis notre premier message  : le lessivage s’est interrompu avec le temps moins pluvieux, la minéralisation demeure assez faible en raison des températures fraîches mais suffit à couvrir les faibles besoins actuels des cultures. Si un certain nombre de désherbages de rattrapage ont pu être réalisés, certaines parcelles non désherbées à l’automne se salissent rapidement.
Les constats relevés dans notre premier message restent globalement d’actualité :
La croissance et le développement des céréales sont très satisfaisants pour l’instant et sont comparables à ceux observés en 2017 à la même période ;
Lorsqu’aucune application de désherbage précoce n’a été réalisée (pré ou post levée précoce), les parcelles sont souvent sales ou en cours de salissement en raison de levées d’adventices retardées par la sécheresse de l’automne.
Les reliquats d’azote laissés par les cultures précédentes étaient généralement plus faibles que la normale en raison des bons rendements observés en 2017 notamment en colza, tournesol ou maïs. Cumulés à la minéralisation d’automne plus limitée que la normale et des lixiviations (lessivages) d’azote plus importantes, ils se traduisent par des quantités d’azote dans les sols très variables selon les situations agronomiques ;
Les cumuls de pluies des dernières semaines ont entrainé une saturation en eau des sols, rendant les parcelles inaccessibles. Les pluies, même limitées, prévues en cours de semaine vont ralentir le ressuyage des sols.
Les messages précédents sont donc toujours d’actualité.
Avant toute intervention, il est indispensable d’attendre un bon ressuyage des sols pour ne pas dégrader leur structure. Dans un sol saturé d’eau, les plantes plus ou moins asphyxiées ne se développent pas. Leurs besoins en éléments minéraux sont très fortement réduits. Y compris lorsque les stades sont avancés, la faible minéralisation du moment peut couvrir les besoins encore modérés des cultures, et si un apport peut être justifié, l’urgence n’est pas suffisante pour justifier le risque de dégrader la structure des sols durablement.
Dans toutes les situations : Si les parcelles sont sales, les désherbages de rattrapage devront être réalisés dès que les conditions climatiques favorables seront réunies et les sols ressuyés et cela avant tout apport d’engrais. En effet, ceux-ci favoriseraient le développement des adventices et rendraient leur contrôle encore plus difficile.
La conduite des apports d’azote doit être adaptée aux situations agronomiques en tenant compte à la fois de la capacité des sols à couvrir les faibles besoins des cultures dans les prochaines semaines et du niveau de développement des cultures. Si une bande double densité (BDD) est en place, c’est son suivi qui devra déterminer la stratégie à adopter. En l’absence de BDD, on peut retenir 3 grands types de situations :
Sols superficiels, secteur ayant reçu plus de 350 mm depuis le 1/10 : si aucun apport n’a été réalisé, quand les sols seront ressuyés, si les parcelles sont propres et/ou désherbées, un premier apport de 30 à 40 kgN/ha maximum pourra être envisagé dès que les conditions le permettront.
Sols superficiels, secteurs ayant reçu moins de 250 mm, sols moyens : un premier apport de 30 à 40 kgN/ha maximum peut être programmé à partir du 20/25 février, si les parcelles sont propres, ressuyées et les conditions climatiques sont réunies pour garantir son efficacité (prévisions de pluies d’au moins 10 mm dans les jours suivants l’apport).
En sols profonds (terres rouges, marais, limons profonds, …) et les situations recevant régulièrement des apports de matière organique, les céréales sont bien développées, les quantités d’azote disponibles dans le sol sont amplement suffisantes pour couvrir les besoins. Une suralimentation azotée accroîtrait fortement les risques de verse et favoriserait les maladies du pied. Aucun apport n’est à envisager pour l’instant à l’exception des rares situations où les plantes ont dépassé le stade épi à 7mm.
Jusqu’au début du mois de mars, pour limiter les risques de verse et de lessivage, les doses apportées ne doivent pas excéder 40 kgN/ha.
Les types d’engrais, contenant de l’azote uréique ou ammoniacal, n’entraînent pas de retard significatif dans la valorisation de l’engrais et ne nécessitent pas d’adaptation de la date d’apport proposée.
Attention : même si les conditions sont optimales pour réaliser un apport d’engrais azoté au tallage (sol ressuyé, parcelle propre, T° moyenne > 5°C, pluie de 8 à 10 mm dans les 4/5 jours suivant l’apport), la valorisation par la culture sera de 70% au maximum. La valorisation d’un apport d’engrais azoté peut être encore plus faible dans les sols superficiels en cas de pluies importantes après l’apport ou dans le cas d’une culture avec un tallage déjà abondant traduisant une bonne alimentation de la culture par l’azote disponible dans le sol.
Un nouveau point sera réalisé vers le 6 mars pour actualiser cette préconisation.

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Le chiffre de la semaine
23 000
C'est le nombre d'exploitations produisant des céréales à paille en Nouvelle-Aquitaine.

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