L'Agriculteur Charentais 19 juillet 2019 à 17h00 | Par Laurence Guilemin

Agr’eau, comme agronomie et eau

À la mi-juin, la coopérative de Saint-Agnant a organisé une journée technique pour présenter un premier bilan de la déclinaison du programme Agr’eau, basé sur le développement de la couverture végétale des sols. Une initiative menée avec les coopératives de Beurlay et Tonnay-Boutonne.

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Frédéric Cannaud, au centre, explique sa démarche.
Frédéric Cannaud, au centre, explique sa démarche. - © AC

Revenir à l’agronomie. Tel est l’objectif de la mise en place du programme Agr’eau pour les trois coopératives Saint-Agnant, Beurlay et Tonnay-Boutonne. « Nous sommes sensibles aux problématiques écosystémiques et à la qualité des eaux de surface et profondes », explique en préambule Éric Guilbot, directeur de la coopérative de St-Agnant. Suite à des réunions organisées sur le thème de l’agronomie, les agriculteurs étaient avides de trouver des solutions agronomiques, économiques et environnementales. Il rappelle que « le premier outil de production d’une exploitation est le sol et que les couverts végétaux sont de réelles opportunités et non des contraintes, et permettent de répondre simultanément à divers d’enjeux. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1,5 % à 2 % de matière organique en moyenne actuellement, contre 4 % il y a 20 ans. « Pour compenser les pertes de carbone des sols, il faut avoir des entrées supérieures aux sorties, soit un bilan humique positif. » Face à ce constat, les trois coopératives ont pris le sujet à bras-le-corps. Elles se sont engagées, depuis septembre 2017, dans la démarche Agr’eau afin de développer une démarche agronomique autour de la maximisation de la couverture végétale des sols agricoles. « Le couvert végétal doit devenir une culture à part entière dans le raisonnement global de l’exploitation », rappelle Éric Guilbot. Pour mener à bien cette initiative, Aubin Lafon, ingénieur conseil et développement, s’est vu confier « cette mission ». Face au succès rencontré par les adhérents et techniciens, le programme se prolonge pour 18 mois. À ce jour, 3000 ha sont concernés, indique avec satisfaction le directeur. Chacun doit progresser à son rythme, l’essentiel et d’essayer sur sa terre afin de s’apprendre à faire des petites surfaces sans prendre de risque car ce système d’exploitation fait évoluer les habitudes.

« Ne faites pas de copier-coller »

Un bilan a donc été présenté, le 14 juin, en présence d’une cinquantaine d’agriculteurs. Deux groupes, pour deux lieux, chez des « agriculteurs expérimentateurs » participant au groupe de travail : Frédéric Cannaud, à Hiers-Brouage, et Teddy Brochard, à la Gripperie Saint-Symphorien. Tout au long de la matinée, Aubin Lafon est très communicatif et pédagogue : « si on gère bien la structure, on peut résoudre plein de choses. D’où l’intérêt de faire des profils de sol. » Dans les multitudes d’informations et de conseils, il précise que la matière organique permet de libérer des éléments minéraux et les couverts végétaux de limiter la perte des éléments minéraux et de les remettre à disposition à la surface du sol pour la culture suivante : pompe biologique de recyclage. Il explique tout l’intérêt des vers de terre dans le sol. Mais, prévient-il, « ne faites pas de copier-coller, chacun doit s’adapter à son contexte ».

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