L'Agriculteur Charentais 20 février 2014 à 08h00 | Par Thierry Michel

Gérard Napias - «Poursuivre le reboisement et aider à passer la mauvaise conjoncture»

Président de la FNEDT*

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- © NC

Cinq ans après la tempête Klaus, où en est-on ?
Rappelons tout d’abord qu’en 2009, plus de 250 000 hectares de pins maritimes ont été ravagés. Depuis, 150 000 hectares de chablis ont été exploités et nettoyés, les souches en immense majorité arasées et depuis fin 2012 - début 2013, 70 000 hectares ont été reboisés. En 2014 et pour les trois années à venir, le plan de reboisement est relancé. Entre temps, on a aussi dû faire face à différentes attaques parasitaires qui n’ont pas facilité le travail global. Aujourd’hui, le gros souci, ce sont les intempéries. Un pin peut pomper 100 litres d’eau par jour et comme l’ensemble du reboisement n’est pas terminé, les sols sont gorgés d’eau ce qui empêche de travailler correctement, parfois même de rentrer dans les passerelles. En revanche, ce qui a été replanté est sain. Le souci est plutôt sur les entreprises d’exploitations forestières qui ne travaillent aujourd’hui qu’à 30 - 40 % de leur capacité habituelle. Les entreprises sont payées une fois les travaux terminés et inspectés par les services adéquats. Avec les intempéries, le travail prend du retard et donc cela crée des tensions sur les trésoreries. Certaines entreprises sont obligées de fermer. On travaille en bonne intelligence avec les préfectures et les DRAF pour essayer de faire avancer cette problématique. Nous sommes aussi extrêmement vigilants sur l’état sanitaire des parcelles replantées avec en particulier la possibilité de voir des nématodes apparaître. Il faut pouvoir réagir vite le cas échéant.

Quels sont les grands axes de travail pour la Fédération en 2014 ?
Bien évidemment, poursuivre le reboisement des parcelles détruites en 2009 reste une priorité. De façon plus globale, tous les massifs forestiers souffrent de la faiblesse de la reprise économique dans le secteur de la construction. Cette faiblesse empêche les entreprises forestières de tourner normalement tout en préservant leur équilibre financier. Nous multiplierons donc les actions pour pouvoir accompagner en permanence les entreprises face à cette situation. Nous travaillerons particulièrement aussi sur la défense des prix du bois, notamment pour les entreprises qui travaillent en sous-traitance. Nous souhaitons également mettre en place des boîtes à outils et de communication pour que les entreprises ne jouent pas la politique de l’autruche - éviter le repli sur soi en raison de la conjoncture difficile - mais au contraire travaillent collectivement pour assurer la relève. Le volet formation est important aussi pour nous, notamment sur les aspects gestion de l’entreprise, gestion du personnel et des équipes et gestion de la sécurité du travail.

* Fédération nationale des entrepreneurs des territoires

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