L'Agriculteur Charentais 26 avril 2018 à 17h00 | Par Grégoire Bouton

Devant les attaques, il est primordial de rester soudés et solidaires

Les chasseurs du département se sont réunis en assemblée générale à Saintes ce samedi 21 avril.

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Dominique Bussereau assure le président Christophe Bouyer de son opposition au projet éolien de l’estuaire et l’invite à une prochaine rencontre pour renouveler le contrat d’objectifs.
Dominique Bussereau assure le président Christophe Bouyer de son opposition au projet éolien de l’estuaire et l’invite à une prochaine rencontre pour renouveler le contrat d’objectifs. - © FDC17

Dans un contexte tourmenté par une société en pleine mutation, la chasse cherche sa place tout en revendiquant ses racines et ses valeurs.
Chasser les idées reçues et se défendre face à la haine qui se déverse sur les réseaux sociaux contre la chasse. Les structures cynégétiques font le constat qu’elles ne sont pas suffisamment armées contre les idées véhiculées sur ces réseaux par un courant de pensée aussi violent que minoritaire qui condamne toute intervention de l’homme, fût-elle dictée par des impératifs de sécurité et de santé publique.
De ce point de vue, Jean Jacques Boutrot (Délégué de la Société de Vénerie) a souligné les attaques odieuses contre la vénerie de la part d’opposants appartenant à la mouvance du bien-être animal. «Que des gens refusent de manger de la viande, libre à eux, mais qu’ils nous imposent leur vision de la société, nous répondons par un NON franc et massif qui doit être le mot d’ordre de tous les chasseurs». Et Thierry Orgé (Président de l’ACTCM) d’alerter les jeunes chasseurs qui n’hésitent pas à afficher leurs photos de tableau de chasse sur la toile Internet, «photos souvent reprises par nos détracteurs pour nous nuire.»

Pas d’éolien sur  l’Estuaire


À l’heure où les Schémas Régionaux Eoliens ont été annulés en France, les chasseurs de Charente-Maritime s’inquiètent aussi du projet de parc éolien sur les marais de l’Estuaire de la Gironde, haut lieu de migration. Sur ce point, ils ont obtenu un franc soutien de Dominique Bussereau, Président du Conseil départemental, qui a indiqué qu’«il est hors de question d’accepter l’éolien sur l’estuaire », qualifiant de «folie» le développement anarchique de l’éolien en Charente-Maritime.
Il y a tout de même des raisons d’espérer en l’avenir au regard du projet de la Fédération Nationale des Chasseurs, approuvé dans son contenu par La République en Marche et les Républicains, et qui ambitionne de simplifier la chasse et de servir la biodiversité. Il faudra pour cela relever le défi de la représentation des chasseurs à l’échelle des Régions, tout en développant une nouvelle dynamique de recrutement avec au centre des discussions, l’examen du permis de chasser actuellement dispensé par l’ONCFS et que les Fédérations des chasseurs souhaiteraient pouvoir récupérer.

La solidarité dans le respect de la diversité


Dans ce climat, le Président Christophe Bouyer a fixé la ligne : «Notre ambition est de travailler avec tout le monde et de faire en sorte que les sujets avancent sans perdre de vue l’intérêt général de la chasse. La solidarité indispensable doit perdurer dans le respect de notre diversité…» Devant les attaques, il est primordial de rester soudés et solidaires !
Les associations spécialisées de chasse et les partenaires se sont réjouis de la volonté fédérale de réunir et rassembler autour des sujets qui préoccupent dans le département.
Face à la réalité d’une augmentation des dégâts de sangliers aux cultures, les prélèvements ont augmenté 4700 réalisations au plan de chasse. « Nous voulons atteindre l’objectif de 3000 animaux en 2023 ». Pour y parvenir, la fédération a assuré qu’elle continuerait de jouer son rôle de facilitateur mais favoriserait aussi de nouvelles formes de chasse comme le tir d’été à partir de miradors dès le mois de juin.
Une récente étude scientifique parue dans les médias montrait l’effondrement des populations d’oiseaux dans nos campagnes et soulignait la responsabilité des pesticides, des insecticides et de la disparition des habitats. «Des alternatives raisonnées doivent être fournies aux agriculteurs avec des dérogations possibles et des mesures compensatoires». Selon Cédric Tranquard (Vice-Président Chambre d’Agriculture), c’est en ce sens que la FDC17 et la Chambre d’Agriculture doivent poursuivre leur collaboration sur les programmes Agrifaune et Vitifaune afin d’améliorer les pratiques agricoles et proposer des cahiers des charges à l’Etat. Treize communes sont actuellement en contrat de gestion faisan dans l’optique d’aboutir à un retour d’oiseaux naturels dans nos plaines.
Entre 2012 et 2017, 5% des territoires de chasse ont disparu du fait d’une pression foncière accrue, de sorte que sur certains secteurs, la chasse ne concerne plus que 35% de la surface communale. Le Président Bouyer souhaiterait qu’une réflexion s’engage pour intégrer aux territoires des ACCA et sous statut de réserve de chasse et de faune sauvage, les 150 m autour des habitations. Plusieurs ACCA ont quant à elles opté pour la fusion et la Fédération des chasseurs a signé une convention avec la SAFER pour anticiper sur les ventes afin d’éviter les préemptions abusives. Sur ce dernier point, des accords ont pu localement être conclus avec les Conservatoires.
Concernant les migrateurs, au-delà du dossier sur la chasse des oies en février, il faudra que la chasse sorte sans trop de dommage des moratoires et des plans de gestion en cours et à venir. Cela passe par une meilleure connaissance de la biologie des espèces et des prélèvements à la chasse. Nul doute que la création d’une association de palombières en Charente-Maritime contribuera à améliorer et défendre la chasse de la palombe.

Objectifs de la fédération


Enfin, «au-delà de la défense syndicale, c’est aussi la volonté de maintenir et développer la qualité des services à ses adhérents qui fait partie intégrante des objectifs de la Fédération des chasseurs.» Le service aux territoires et aux chasseurs est dans l’ADN de la Fédération, cela se traduit notamment par le maintien, le développement et la diversification des contrats de services, la dématérialisation des échanges et des saisies, la formation, l’animation d’une centrale d’achats et enfin la coordination, en partenariat avec l’ONCFS et l’association des gardes particuliers, d’une police rurale de proximité.
Une qualité de services soulignée par Didier Quentin qui a invité les chasseurs à mieux valoriser «Chasse Vacances» dans le deuxième département touristique français, et encourager la Fédération à poursuivre l’éducation à l’environnement qui contribue à l’amélioration de l’image de la chasse.

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C'est le nombre d'élèves dans les MFR de Charente-Maritime à la rentrée dernière. Ils étaient 953 pour la rentrée 2017, soit une baisse de 9 % des effectifs.

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