L'Agriculteur Charentais 19 avril 2018 à 09h00 | Par Bernard Aumailley

Irrigation : Il reste à pleuvoir... à bon escient

La règle du jeu est établie par bassin. Comme chaque année. La conjoncture météo fera le reste au regard des réserves des milieux.

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«Les bassins de la Charente-Maritime ne sont pas exempts de situations critiques.» C’est par ces mots que la DDTM présente la prochaine «saison» d’irrigation qui s’est ouverte depuis le 1er avril. «Les sécheresses récurrentes posent la question de l’adaptation des comportements aux aléas climatiques et du respect de l’équilibre des milieux aquatiques.» Comme toujours ce qui soutend la «politique de l’eau» dans le département c’est la «gestion quantitative structurelle» qui «permet d’organiser le partage entre les usages de l’eau et le retour à l’équilibre à long terme, la prévention des situations de crise et leur gestion demeurent un impératif annuel.» D’où les arrêtés cadre, pris avant que ne commencent les irrigations de printemps. Les principes sont toujours les mêmes depuis plusieurs années : «lorsque la tendance hydrologique laisse pressentir un risque de crise à court ou moyen terme, des comités quantitatifs de l’eau se réunissent afin de déterminer s’il est nécessaire de prendre des mesures de limitation des prélèvements d’eau.» Découlant de l’arrêté cadre, des arrêtés «d’application de limitation des usages.» La mécanique est connue et éprouvée.  «L’arrêté cadre annuel a pour objectif d’assurer la planification des mesures de restriction des prélèvements d’eau des différents usagers. Il définit les valeurs-seuils (de débit pour les cours d’eau et de niveau pour les nappes) de déclenchement desdites mesures.» Ils viennent d’être publiés. Quant aux arrêtés de limitation des usages de l’eau : pris par le préfet «afin de gérer la situation de crise», ils imposent une gestion «accrue» des prélèvements en eau ainsi que la préservation des usages prioritaires (alimentation en eau potable) et des besoins en eau nécessaires à assurer la sécurité des populations.
Trois seuils de déclenchement de mesures de restriction sont établis :
- Le seuil d’alerte est défini par le niveau au-dessous duquel l’ensemble des usages et le bon fonctionnement du milieu aquatique ne sont plus assurés. Lors du dépassement de ce seuil, les premières mesures de limitation sont mises en place.
- Le seuil d’alerte renforcée doit permettre le renforcement substantiel des mesures de limitation allant jusqu’à la suspension de certains usages, afin de ne pas atteindre le niveau de coupure.
- Le seuil de coupure est le niveau de déclenchement de l’arrêt total des prélèvements non prioritaires au sens du SDAGE, et hors cultures dérogatoires préalablement précisées par les arrêtés-cadre. Ce seuil de coupure est supérieur au seuil de crise, seuil en dessous duquel les usages prioritaires pour l’homme (santé, salubrité, eau potable, sécurité civile) et la survie des espèces présentes dans le milieu sont mis en périls.
En période printanière, il n’y a pas d’alerte renforcée. En période estivale, les 3 seuils sont prévus.

Un arrêté pour la Charente


Au total, dans les arrêtés cadre publiés la semaine dernière on trouve les règles du jeu pour tout le département. Celui de Cogest’eau pour le bassin de la Charente définit comme toutes les zones d’alerte, les unités hydrographiques et le lieu de piézomètres et leurs seuils. La période printemps court jusqu’au 14 juin 8 h. La période estivale du 14 juin même heure au 31 octobre minuit. Ce périmètre s’étend dans 13 zones sur quatre départements  : 16, 17, 86, 79. C’est le préfet de la Charente qui coordonne la gestion. Pour la partie aval de la Charente, l’indicateur est à Jarnac (Mainxe) sont DOE est à 10 m3/s et son DCR à
7 m3/s. Mais aussi à Chaniers (Pont Belliard) où le DOE est à 15 m3/s et le DCR à 9 m3/s. Piézomètres complétés par d’autres analyses (Observatoire Onde, la disponibilité en eau potable).
Il y a des seuils d’alerte (voir tableau ci-contre) pour le printemps et l’été. Le seuil d’alerte printanier (SAP) induit une interdiction d’irriguer de 3 jours sur 7 (lundi, mercredi, vendredi). Pour être levé, il faut 7 jours consécutifs au-dessus du SAP. Et pour le seuil de coupure, idem. En été, lorsqu’est atteinte l’alerte estivale (SA), c’est 7 % max. du volume autorisé estival, en alerte renforcée (SAR), c’est 5  % du volume.

 

Dans les deux cas, des modalités de gestion particulière (tours de prélèvements) à l’initiative de l’OUGC et les DDT(M) pourront être appliqués en complément du taux hebdomadaire. Ce dernier est proposé suivant les unités hydrographiques par des propositions de l’OUGC. «Chaque exploitant répartit son volume autorisé estival (notifié dans l’autorisation individuelle 2018), déduction faite du volume utilisé au printemps du 1er avril au 14 juin, selon les taux définis pour chaque période hebdomadaire.» Les taux sont fixés tous les jeudis. Les mesures de limitation de niveau SA et SAR sont appliquées dès le jeudi
8 h, si depuis 2 jours le piézomètre est en dessous du seuil. La coupure est appliquée dès que le débit est atteint durant 2 jours. Pour en sortir, il faut comme au printemps 7 jours consécutifs au-dessus. Sur ce bassin Amont, Aval et Né, il y a un volume additionnel de printemps suivant les débits moyens. Mais il n’est pas reportable à l’été. Naturellement tous les volumes utilisés sont consignés sur des index jusqu’au 30 septembre.

Les autres fleuves charentais


Il existe aussi un arrêté cadre pour les fleuves côtiers ; la Seudre, la Seugne, l’Arnoult, le Bruant, la Gères Devise, l’Antenne Rouzille, la Boutonne et de nouveau la Charente aval. C’est du ressort de l’OUGC Saintonge porté par la Chambre régionale d’agriculture, avec 9 unités hydrographiques en 17, 16 et 79. Dans la période printanière (jusqu’au 13 juin 9 h), lors du franchissement du seuil d’alerte printanier, les limitations d’usage interdisent tous les jours de 9 h à 19 h. Et lorsque est franchi le seuil de coupure, c’est arrêt total. Dans la période estivale, c’est une limitation des volumes restant au 13 juin jusqu’au 31 octobre  : si franchissement du seuil d’alerte, limitation de 7  %, si franchissement du seuil d’alerte renforcée d’été, 5  % du volume, franchissement du seuil de coupure d’été, arrêt total. L’arrêté cadre définit aussi les modalités de gestion de l’eau dans les marais nord de Rochefort. Il existe aussi un volume additionnel de printemps et ses modalités.

En limite de Dordogne


Un autre arrêté cadre définit les modalités des usages de l’irrigation pour l’Isle bassin val, et la Dronne aval avec ses seuils de coupure au printemps à 60l/s et 30 l/s l’été pour l’Isle (Lary Palais) et seulement des seuils d’alerte d’été (2,6m3/s) des seuils d’alerte renforcée (2,1 m3/s) et un seuil de coupe à
2 m3/s pour la Dronne aval. Sur ces deux bassins, la période estivale va jusqu’au 31 mai. Et en été, les restrictions sur l’Isle interdisent les prélèvements lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche. Sur la Dronne, les seuils d’été limitent à deux sur 7 jours les prélèvements, le seuil d’alerte renforcé à 3,5 jours.

 

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