L'Agriculteur Charentais 25 septembre 2014 à 08h00 | Par l'Agriculteur Charentais

Y a-t-il toujours un intérêt à ajouter un adjuvant ?

L’ajout d’un adjuvant dans les produits phytosanitaires ou le traitement de l’eau de bouillie ne sont pas forcément nécessaires pour limiter la dose de produit.

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L’addition d’un adjuvant n’est pas une condition sine qua non pour réduire la dose de produits apportée.
L’addition d’un adjuvant n’est pas une condition sine qua non pour réduire la dose de produits apportée. - © J.-C. Gutner

«Sur le terrain, une question revient souvent : est ce que l’adjonction d’un adjuvant permet de réduire la dose de traitement apportée ? », remarque Anne-Monique Bodilis, ingénieur régional à la station expérimentale de la Jaillère, avant d’ajouter, «la réponse est variable selon le produit utilisé, résultats d’essais Arvalis – Institut du Végétal à l’appui. Il faut toujours raisonner sur le couple spécialité-adjuvant» Pour les herbicides, plusieurs cas se présentent.
Lors de l’utilisation de produits racinaires, «il n’y a aucun bénéfice à utiliser un adjuvant, dont l’intérêt est de faciliter la rétention sur la feuille». Même constat selon les essais, pour les anti-dicots foliaires, hormis recommandations spécifiques sur l’étiquette produit.

Pour les antigraminées, l’adjuvant a son intérêt
Si l’on applique un antigraminées foliaires Fop, Dimes, Dens, associer un adjuvant représente un des leviers permettant d’améliorer l’efficacité des herbicides. Citons pour exemple l’avoine sur laquelle la goutte, au lieu de perler, va s’étaler sur la feuille. «Dans ce cas, les huiles disposent d’une meilleure action que les mouillants grâce à leurs capacités pénétrantes alors que les mouillants favorisent notamment l’étalement des gouttes pulvérisées. Il faut compter 1 litre d’huile par hectare. Dans le cas des antigraminées foliaires et racinaires de la famille des inhibiteurs de l’ALS, l’apport d’un adjuvant est intéressant. Il est possible de l’associer également au sulfate d’ammonium si on constate une forte pression de la part des graminées. Ceci augmente l’efficacité du produit de l’ordre de 10 %», poursuit la spécialiste. Dans le cas du glyphosate, il est recommandé d’ajouter un adjuvant quelle que soit la formulation. Il est alors conseillé de régler les problèmes de dureté d’eau qui rendent le glyphosate moins pénétrant.
Pour les régulateurs, l’utilisation d’un adjuvant est sans intérêt. Pour les insecticides, « le volume de pulvérisation et le positionnement sont primordiaux par rapport à l’effet des mouillants. Dans le cas des fongicides, deux possibilités. Avec les fongicides de contacts, il est possible d’utiliser un adjuvant dans le cas de plantes peu mouillables comme des pois. Avec les fongicides systémiques, il n’y a pas de bénéfice dans les programmes préconisés», détaille Anne-Marie Bodilis.

Lire la suite dans l'édition du 26 septembre 2014

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