L'Agriculteur Charentais 13 juin 2013 à 14h46 | Par Bernard Aumailley

MSA des Charentes - Patrick Couillaud se fait premier de cordée

Plane sur la caisse un nouveau tour de vis que la démographie agricole imposerait. Le président, avant l’assemblée générale de la caisse, s’en explique.

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Mardi prochain, à Rouillac, en Charente, la MSA des Charentes réunira ses délégués et présentera son «bilan.» Etape annuelle. Formelle. Pas tant que cela, car c’est surtout une occasion de regarder vers où l’on marche. Et son président Patrick Couillaud pourrait avoir des accents alarmistes. La «perte» de «population protégée», comme il dit, cause, en France et en Charentes, des soucis dans la gestion à venir des caisses. La conjoncture n’est pas porteuse pour les éleveurs et certains décident d’abandonner. A un rythme que n’avait pas prévu la convention d’objectif et de gestion (COG), il y deux ans à peine. Ce devait être la feuille de route, pour les cinq années. «Elle a été signée avec une baisse d’effectif de population protégée de 5 % sur la durée de la COG. Ils se sont faits sur les deux premières années ! Cela peut remettre en cause tout le financement de la MSA avec ces chiffres-là. On peut se retrouver dans les mois prochains avec une renégociation de la COG et des objectifs qui obligent la MSA à se serrer encore plus la ceinture» s’inquiète Patrick Couillaud. Alors le prochain conseil des tutelles est décisif : il faudra ou pas trancher dans les moyens. «Pour les trois années qui restent, je souhaite que nous ayons une certaine tranquillité sur le sujet. Mais les informations qui parviennent de la caisse centrale sont plutôt alarmantes. On est dans une logique où le directeur général de la caisse centrale peut demander une baisse des effectifs demandée aux caisses de MSA locales.» Des économies supplémentaires que le président de la caisse des Charentes (et son directeur avec) ont du mal à envisager. Selon lui, il y a un plancher au seuil duquel le «service public de la MSA» ne peut plus être assuré correctement.  Aux mots de «baisse des effectifs plus importante et resserrement des budgets de fonctionnement», il tique : «je fais partie de ceux qui disent que l’on ne peut plus faire moins. Sinon nous allons toucher aux services rendus à nos populations. Nous avons atteint le point de non-retour. Il est impossible d’aller plus loin. Aujourd’hui, je suis parmi ceux qui disent que la situation est à flux tendus et qu’il est impossible de réduire davantage les moyens. Nous aurions des difficultés à assumer la partie «service public» de la MSA dans ces conditions.» Il ne nie pas que le débat d’une «intégration» vers un régime unique existe. Selon lui, «la MSA ne sera plus à même d’exercer sa mission de service public tel que l’on doit. C’est tendre la perche à d’autres. Ce n’est pas ce scénario que je défends. Si ce n’est pas un danger actuel, il pourrait le devenir dans la mesure où la technocratie parisienne, notamment le ministère de l’Economie, n’a qu’une vue comptable pour la mise en place de la protection sociale.» Inéducable alors ? Patrick Couillaud estime possible le renversement de tendance , «en étant d’être irréprochables. Même pour le dossier retraite qui est aux fins fonds de nos campagnes, en étant en capacité d’accompagner socialement et sur le plan sanitaire une population d’éleveurs en difficulté ; et pour cela nous avons besoin d’hommes et de femmes qui ont des compétences sur ces territoires-là. Il nous faut être en continuité avec l’offre de services dans notre mission sanitaire et sociale. Aujourd’hui, nous y arrivons encore.»C’est là que la «gouvernance» choisie depuis plusieurs années par la caisse des Charentes prend toute son acuité. L’offre de services, «le petit plus» comme il le nomme, vient conforter la mission de service public. «Il faut se donner les moyens de continuer à le faire. C’est un leitmotiv de tous nos conseils d’administration car les Charentes ont de grands territoires ruraux. L’offre de services ne pourra être déclinée de manière intelligente que si on est en capacité d’exercer notre mission de service public.» Et de prendre en exemple ce qui s’est fait cette année autour des difficultés des éleveurs caprins, où à une autre époque avec les viticulteurs.  Les exploitants mettent un «point d’honneur» à s’acquitter de leurs cotisations, preuve selon lui, d’un attachement à la spécificité de la MSA, guichet unique. Qu’aujourd’hui, les cotisations se fassent plus élevées, moyenne triennale oblige, le système n’est pas remis en cause. La règle du jeu est acceptée. 

Une offre de services en équilibre
Les associations de l’offre de services, en plein secteur concurrentiel, sont «en flux tendus.» Le portage des repas a été revu pour privilégier la qualité, en changeant de concepteur des plateaux. Un remous qui ne doit en rien perturber le partenariat du groupe avec les collectivités locales. La fuite des clients a été compensée et de nouveaux sont venus. «Le service à la personne, aides ménagères et petit bricolage, progresse mais n’ont plus le même soutien fiscal. La prise en charge par les Conseils généraux est en train d’évoluer. Aujourd’hui, le coût de revient n’est pas pris en charge intégralement. Nous sommes en très grande limite sur ce domaine-là.» L’option «offre de services», longtemps boudée par le national, fait son chemin. Patrick Couillaud promet d’instiller le «savoir-faire MSA» dans la rigueur à ces associations qui connaissent des «moments difficiles.» Une cordée sur une pente raide.  Bien sûr, mardi à Rouillac, il y aura les chiffres, les bilans comptables des aides et des prestations versées, des actions sanitaires et sociales. Mais c’est surtout des réponses que les délégués, le conseil d’administration de la caisse des Charentes attendent soit de François Emmanuel Blanc, directeur de l’ARS Poitou Charentes et de Jean-François Chadelat, médiateur de la caisse centrale de MSA.

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