L'Agriculteur Charentais 27 mars 2014 à 11h12 | Par Bernard Aumailley

Maires - Maires dans les tourmentes

Leurs empreintes sont indélébiles à l’histoire rochelaise. Durant les siècles, des premiers magistrats ont, soit bravé l’autorité, soit porté haut les couleurs de la ville.

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Les auteurs de l’ouvrage.
Les auteurs de l’ouvrage. - © AC

D’abord il faut remonter loin. 1199. Moment où La Rochelle est reconnue comme municipalités, avec privilèges assortis. Très loin. Et le prochain maire ou mairesse de La Rochelle sera le 411 maire de la ville, souvent meurtrie, assiégée, rebâtie, expansionniste, visionnaire, écologiste… L’attachement à la ville est patent. Que le feu prenne dans les combes de l’hôtel de ville et les citadins s’en émeuvent, font front avec…leur maire. Dans la longue liste des maires, qui distinguer, qui sortir du lot, qui remettre sur un piédestal. Naturellement, ceux que les guerres portent au-devant, rebelles. Ceux qui ne transigent pas à la capitale, ferraillant avec l’autorité, ceux dont la notoriété hexagonale profite à la ville. Choix difficile. Certains sont consignés, faits et gestes. D’autres n’ont fait que passésur les lambris dorés de l’hôtel de ville. Il faut dire que d’antan, on n’y restait qu’un an dans le fauteuil. Olivier Lebleu, instigateur de ce panégyrique inédit des maires vertueux et méritants, ne dit pas qu’il y a pléthore de noms à sortir du chapeau municipal. Avec ses co-auteurs, on débute à Guillaume de Montmirail (pas celui des visiteurs !) Au rusé de Jean Chaudrier, en passant par le haut fonctionnaire Pierre Doriole, le bourgeois Jehan Mérichon, par les novateurs tels qu’Emile Delmas ou Michel Crépeau, ou les rebelles comme Léonce Vieljeux ou Paul Garreau. «Neuf hommes d’exception» estime Olivier Lebleu. Il faut toute la sagacité de Jean-Claude Bonin pour distinguer dans les éloges posthumes et les flagorneries de courtisans, la «véritable nature» des maires. Ce livre pose la question : qu’est-ce qui fait un bon maire ? Son entregent auprès du pouvoir ou sa résistance au même pouvoir ou à l’occupant ? Ses réalisations ? Son plébiscite auprès de ses administrés ? «Leur dévouement» pour la ville au fil de ces huit siècles de municipalités. Jusqu’à essaimer des descendants dans toutes les cours royales de l’Europe, «grâce» à Eléonore Desmiers d’Olbreuse, une rochelaise, que l’histoire a placé dans ces cours sous Louis XIV, leur donnant des «racines» rochelaises. Le «panthéon local» comme l’écrit Pascal Even s’enorgueillit de ceux-là et les porte au pinacle. Faut-il préférer la farce rochelaise faites aux Anglais pour leur piquer le château ; ou la persuasion de Doriole pour gérer et le royaume et La Rochelle dans les périodes troublées du panier de crabes de la cour de Louis XI ; ce même roi qui imagine établir sa cour sur les rivages rochelais, bien briffé par Jehan Mérichion ; l’entêtement de jean Guitton qui soutient son peuple rochelais dans un siège meurtrier ; ou bien encore le négociant, d’une ville faite pour le commerce, que Paul Garreau embellira ; le visionnaire créateur de l’avant-port devenu ville, Emile Delmas ; le trublion, écologiste avant l’heure Michel Crépeau ; ou Maxime Bono, le sauveur des œuvres d’art en pleine fournaise ? Ils sont tous attachants. Le livre, vendu au profit de la reconstruction de l’hôtel de ville, élimine les méchants, les incompétents, les béni-oui-oui, les sans histoire, les parvenus, les opportunistes. Dommage, sur 410 maires, leurs histoires seraient aussi à raconter. 

«Maires courage» O. Lebleu et neuf autres auteurs. Ed Croit vif. 18 €.

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