L'Agriculteur Charentais 18 janvier 2018 à 08h00 | Par Guillaume de Werbier

Magasins de producteurs : Pour une meilleure structuration

Une rencontre nationale s’est tenue en début de semaine à Poitiers.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
En France, environ 67 000 producteurs commercialisent tout ou partie de leur production en circuit court et près de 10 % d’entre eux ont fait le choix de créer des magasins de producteurs ou de s’y impliquer.
En France, environ 67 000 producteurs commercialisent tout ou partie de leur production en circuit court et près de 10 % d’entre eux ont fait le choix de créer des magasins de producteurs ou de s’y impliquer. - © VR

Les circuits courts séduisent de plus en plus d’agriculteurs, tout comme ils intéressent de plus en plus de consommateurs séduits par l’idée d’acheter des produits frais, issus d’exploitations agricoles situées à proximité de chez eux, ou encore de participer à l’économie locale… C’est dans ce contexte que le nombre de magasins de producteurs ne cesse d’augmenter  : «Les plus anciens points de vente gérés collectivement par des producteurs se trouvent dans la région Rhône-Alpes. Les plus vieux ont 30 ans», précise Laurence Rouher, de l’association de formation et d’information des paysans et des ruraux (Afipar). «L’essor des magasins de producteurs en Nouvelle-Aquitaine, est très récent. On compte 62 magasins de producteurs dans cette région. Plus de la moitié d’entre eux ont 5 ans ou moins, 85 % ont 10 ans ou moins.  Si l’on dresse une typologie de ces boutiques, on s’aperçoit qu’elles sont localisées en majorité dans les grands pôles urbains et leur couronne (60  %).  Elles se trouvent en périphérie, sur les zones commerciales», profitant de la présence des grandes enseignes et de leurs flux de clients. On a aussi le cas de magasins situés dans des zones isolées (15 %), mais le plus souvent dans des secteurs touristiques. «Les plus anciennement implantés sont des commerces installés dans les centres-villes. Ils sont de dimension modeste, avec ou sans salariés, et plutôt ouvert en fin de semaine», décrit Laurence Rouher.

7 à 10 producteurs associés en moyenne


Les magasins de producteurs de Nouvelle-Aquitaine rassemblent en moyenne 7 à 10 producteurs associés (3 minimum et 40 maximum). Dans un document publié dans le cadre du projet MAGPRO, piloté par le réseau Civam et l’Afipar, et qui vise à produire des références techniques, économiques, stratégiques, et des méthodes sur la structuration des magasins de producteurs, il est indiqué que la moitié des magasins ont un statut associatif et qu’une majorité d’entre eux emploie de 1 à 2 salariés en moyenne.
Ces lieux de vente proposent en outre les produits de 30 à 50 apporteurs, et la plupart proposent 20 à 25 familles de produits (viandes, fruits et légumes, œufs, produits laitiers, pain, miel et boissons pour la majorité des magasins). Une étude réalisée à partir d’un échantillon dans le cadre de MAGPRO, révèle qu’ «un magasin de producteurs génère un volume de vente moyen de 841 921 €. Ce facteur « taille », corrélé notamment à la surface de vente, au nombre d’apporteurs et à la gamme de produits proposée, constitue le premier élément à prendre en compte pour analyser et/ou prédire les résultats techniques et économiques d’un magasin ».

Diversité des modèles d’organisation


Les motivations des producteurs les poussant à s’engager dans ce type de commercialisation sont diverses : «Les uns y voient une manière de développer leur chiffre d’affaires en allant chercher des clients supplémentaires », poursuit Laurence Rouhe. «D’autres apprécient de pouvoir mutualiser le temps de présence sur le magasin.» D’autres producteurs, enfin, expriment leur satisfaction de travailler à plusieurs.
À ce jour, on recense 350 magasins de producteurs en France, présentant «une extrême diversité de modèles d’organisation, reflet des projets des producteurs qui les constituent », souligne la représentante de l’Afipar.
En France, environ 67 000 producteurs commercialisent tout ou partie de leur production en circuit court et près de 10 % d’entre eux ont fait le choix de créer des magasins de producteurs ou de s’y impliquer. «Mais les conditions du succès de ce mode de commercialisation et son impact sur les exploitations et les territoires restent à préciser», expliquent les initiateurs de MAGPRO, qui ont produit un ensemble d’outils, s’inspirant des pratiques existantes et de leur analyse pour fournir aux producteurs des magasins quelques clés pour la réussite de leurs projets.

Bien réfléchir avant de se lancer


Les agriculteurs intéressés par cette voie de commercialisation sont invités à se poser de nombreuses questions avant de se lancer : «Comment se répartir les permanences, en fonction du chiffre d’affaires, du nombre de produits, du temps disponible de chacun ? Est-ce que l’on prend en compte le travail administratif ? Quel rôle pour les apporteurs non-associés ? Comment intégrer un nouvel associé ? Quelles sont les valeurs du groupe ?.… » Un magasin de producteurs, en tant que projet collectif, doit tenir compte des capacités et des intérêts de chacun, d’où la nécessité de doter le groupe de règles et de procédures. La répartition des tâches entre les producteurs et les salariés ainsi que la définition des missions et rôles de chacun est un sujet sensible, en particulier lors du démarrage ou lorsque les producteurs peinent à être présents à la fois dans le magasin et sur leur ferme.»

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Agriculteur Charentais se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Le chiffre de la semaine
395
C'est, en millions de mètres cubes, le volume sur pieds de la forêt de production de Charente-Maritime. Avec près d'un tiers des volumes, le chêne est la première essence de production des forêts de Charente-Maritime. En tout, les feuillus représentent 62 % du volume de la forêt de production, contre 38 % pour les résineux. Dans cette catégorie, le pin maritime est largement majoritaire.

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui