L'Agriculteur Charentais 23 mai 2013 à 11h50 | Par Bernard Aumailley

Lapins - Produire des lapins tous les 42 jours

Deuxième pilier de l’exploitation, l’atelier cunicole semble bien rodé depuis vingt ans au gré des demandes de l’abattoir.

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Gwenaël et Claude Moreau.
Gwenaël et Claude Moreau. - © A-C

Voilà treize ans, d’abord à côté de son père Claude, puis à sa suite, «qu’il fait du lapin.» Dans la platitude des marais de Saint Jean de Liversay, en lisière de la Vendée, l’histoire des lapins dans l’exploitation des Moreau est vieille. Plus de vingt ans. «Cela date de l’ancienne PAC de 92… où je ne voulais pas que les bâtiments fraîchement achetés soient une charge pour les terres.» lance Claude Moreau. Il leur trouve donc une autre vocation : 120 cages mères pour commencer, 800 aujourd’hui. Une idée accompagnée par la Cavac, fournisseur des aliments et conseillère technique. Gwenaël Moreau a repris le flambeau, aujourd’hui accompagné de son frère, Anthony. «Depuis les années 2000, nous avons adopté le système dit tout-plein/tout vide» résume Gwenaël Moreau. «Le cheptel de lapines est là. Le vide sanitaire ne fait quelques jours.» Sitôt les lapins expédiés, c’est le nettoyage des cages et on replace les lapines, inséminées artificiellement, ainsi d’une salle à l’autre. Le bâtiment neuf répond à cette donne. «Cela a été la plus grosse innovation dans les élevages. Nous y avons gagné en productivité, en sanitaire et en pénibilité du travail.»  Les lapins ne sont pas «fragiles». La ventilation dynamique aidant, les maladies sont quasi absentes. «Aujourd’hui, la filière a une pyramide des âges vieillissante. Le groupement de la Cavac (86 producteurs) souhaite agrandir les cheptels des éleveurs et trouver des nouveaux éleveurs.» explique Gwenaël Moreau. «Pour satisfaire le marché allemand, il fallait trouver des cages adaptées aux normes du bien-être animal.» Pour simplifier, les lapins disposent d’une «mezzanine», dans une case plus haute et avec une chaînette d’amusement. Cela ne leur fait pas prendre plus de poids, mais les obliger à sauter. Une dizaine d’éleveurs du groupement a donc modernisé les cages existantes pour répondre à cette demande, les combinant avec des neuves. Gwenaël Moreau a du mal à «discerner» le bien-être ; sinon une non-dégradation des résultats de l’exploitation. «Utiliser de la luzerne pour les lapins suppose qu’on en fasse des granulés, donc nous les achetons.» Mais le prix a depuis quelques mois plus qu’augmenté : de 200 €/t à presque 300. Un différentiel qui n’a pas amené Gwenaël Moreau à revoir l’alimentation via un automate de distribution. «Le prix de reprise du lapin a aussi été revu à la hausse.» La hausse des matières premières, même impactée au minimum dans les aliments, se retrouve là. «De la luzerne, du son, de la pulpe de betterave et peu de céréales dans la formulation.» Le cycle «d’optimisation de production» est de 42 jours avec une insémination (Hypfarm en Maine et Loire) aussi à 42 jours. «Les lapins partent à 2 ,6 kg avec les camions de l’abattoir Loeul et Piriot en Deux-Sèvres.» 
Une production bien rythméeSelon Gwenaël Moreau, le prix payé, avec son ajout actuel de quelques centimes pour surcoût d’aliments, permet de faire «vivre l’éleveur.» La période estivale est peu propice à la commercialisation des viandes et la filière doit réduire sa production, via le groupement. «Certains sautent une bande, réduisent les volumes ou décalent, comme nous les inséminations pour éviter la congélation des viandes.» Sur l’exploitation, une personne à temps plein, c’est 650 cages-mères. La mobilisation est totale entre la main-d’œuvre présente sur l’exploitation au moment les enlèvements puis des mises-bas (une quinzaine de jours) et des personnes supplémentaires d’Hypfarm lors des inséminations (900 femelles). «Nous produisons nos femelles.» Gwenaël Moreau fait son calcul : «pour dégager un SMIC et demi à une personne, c’est environ 650 cages mères. Avec un investissement proche des 500 € par cage mère, il faut calculer la rentabilité au regard de la conjoncture. Nous sommes donc montés graduellement à 800 cages.» Claude Moreau ajoute qu’il est plus facile d’agrandir les exploitations cunicoles que d’installer ex-nihilo. Les débouchés, via l’abattoir, dictent leur loi. La première envolée des matières premières a diminué le nombre d’éleveurs, mais la pyramide des âges incite à trouver un renouvellement. «Nous n’avons pas intérêt à laisser s’effondrer le nombre d’éleveurs» analyse Claude Moreau. L’avenir passe aussi par le «recrutement de nouveaux consommateurs.»

Lire le dossier complet dans notre édition du 24 mai

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14,7 Mt
FranceAgriMer a reconduit ses prévisions d’utilisation de blé sur le marché intérieur français à 14,7 Mt dont plus de 4 Mt pour la meunerie, 4,6 Mt pour les fabricants d’aliments du bétail, 1,2 Mt pour l’amidonnerie et 1,6 Mt pour la fabrication d’alcool, notamment de bioéthanol. Les prévisions de ventes de blé vers l’Union européenne se confirment à 7,4 Mt tandis que les prévisions d’exportation vers les pays tiers sont ajustées à la hausse, à 9,75 Mt.

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