L'Agriculteur Charentais 15 février 2018 à 09h00 | Par Ludovic Vimond

Entretien de la vigne : Des équipements pour préserver sa santé

Taille, tirage des bois, épamprage… De nombreux travaux viticoles encore manuels peuvent être facilités avec un minimum d’équipement.

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Les chariots de taille réduisent les efforts de flexion du dos.
Les chariots de taille réduisent les efforts de flexion du dos. - © J.-C. Gutner

Travail de nuit, répétition, horaires alternants, postures pénibles, températures extrêmes, etc. La liste des facteurs de pénibilité est longue, lorsque l’on considère l’éventail des travaux viticoles. De nombreux travaux sont en effet réalisés en milieu extérieur et restent manuels, comme la taille, le tirage des bois, ou encore l’épamprage. La mécanisation permet de réduire ces facteurs de pénibilité. Seulement, tous les travaux ne sont pas totalement mécanisables et/ou la mécanisation n’est pas toujours à la portée de toutes les bourses.
Avec parfois plus de 10 000 coupes par jour, la taille est un facteur important de troubles musculosquelettiques (TMS), d’autant plus que la saison de taille peut durer plusieurs mois. Avec un tarif autour de 1 000 € neuf (en moyenne 500 € d’occasion), le sécateur électrique est connu pour réduire fortement les risques de TMS au niveau des mains et des poignets. La pression à exercer sur la gâchette est en effet faible comparativement à la force nécessaire avec un sécateur manuel. Néanmoins, même si les constructeurs de sécateurs électriques chassent les kilogrammes superflus, ceux-ci restent plus lourds que les modèles manuels : le sécateur électrique déplace, à des mesures bien moindres toutefois, les problèmes de TMS des poignets et mains vers les avant-bras et épaules. De plus, le pack de batteries constitue un poids permanent qui accentue les efforts du dos, notamment avec des vignes basses. Mieux vaut privilégier les packs de batteries positionnés assez bas sur le bassin. «Si les sécateurs électriques sont privilégiés dans les vieilles vignes, les modèles manuels sont plus adaptés sur les plantiers, moins durs à tailler», estime Claude Rozet,conseiller en prévention à la MSA Alpes-Vaucluse. L’ergonomie est également un facteur primordial dans la lutte contre les TMS. Avant d’acheter un sécateur, il est important de l’essayer et se sentir à l’aise avec. Bien entendu, pour les gauchers, il est primordial de s’équiper d’un modèle idoine. Sur les modèles manuels, les poignées tournantes montent le coût des sécateurs, mais réduisent les frottements et les efforts.
Claude Rozet revient également sur les B.A.-BA d’un bon tailleur : l’affûtage et l’affilage. «Plus une lame est bien affûtée, moins l’effort à fournir est important», souligne-t-il. Un bon affûtage journalier, suivi d’un affilage régulier de la lame est donc vecteur d’un travail efficace et moins fatigant. Certains tailleurs n’hésitent pas à sortir la pierre à aiguiser à chaque bout de rang.

L’alternance des travaux limite les TMS


Autre exercice physique, couplé à la taille, le tirage des bois. Ce travail engendre des efforts de torsion qui peuvent être éreintants à la longue. Selon le type de taille, le prétaillage permet de réduire peu ou prou une partie de cette tâche ingrate. Certains constructeurs tablent sur les machines à tirer les bois, encore nouvelles sur le marché et ne convenant pas à toutes les situations. Si prétailleuses et tireuses de bois représentent un coût d’investissement important, elles peuvent réduire considérablement le temps de taille et donc son prix. D’autant plus que cet investissement peut être mutualisé, comme dans une Cuma ou déléguée à une ETA. Pour les viticulteurs qui ne peuvent pas mécaniser leurs vignes, Claude Rozet conseille de varier les tâches. «Ce qui est néfaste, c’est de toujours faire la même chose. On peut diversifier en taillant sur une certaine longueur, puis en la reprenant pour tirer les bois. Changer les postures (assis, à genoux, debout et courbé) est également conseillé pour limiter les TMS. s»

Des réflexes de sportifs à acquérir


Le conseiller en prévention constate malgré tout une croissance des TMS chez les viticulteurs et ouvriers viticoles, quand ceux-ci restent stables ou diminuent dans d’autres productions du monde agricole. Cette croissance s’explique de plusieurs façons : l’agrandissement des exploitations, combiné à une mécanisation limitée de certains travaux viticoles conduit à une spécialisation des tâches. «Quand on a un bon tailleur, on lui en fait faire le maximum, illustre-t-il. Certains tailleurs travaillent en continu pendant plusieurs mois, alors qu’autrefois, ils pouvaient être appelés à faire d’autres tâches pendant la saison de la taille.» Autre constat, les trajets jusqu’à la parcelle se font aujourd’hui en voiture, alors qu’ils se faisaient à pied ou à vélo à une époque. «Les tailleurs attaquent directement la taille sans échauffement pour la plupart, alors qu’autrefois, ils étaient échauffés par le trajet, constate le conseiller.»

S’installer à une hauteur confortable


Pour travailler plus confortablement dans les vignes basses, les scooters des vignes, également appelés vélos des vignes, chariots de taille ou sièges de vigne, installent les opérateurs en position assise à la bonne hauteur pour la taille ou l’épamprage. Si certains modèles offrent un avancement électrique, une direction automatique et une cabine contre le vent et la pluie, des modèles plus simples sont accessibles en dessous de 1 000 €. Pour ce qui est de l’épamprage, des solutions économiques comme l’épampreuse électrique Powercoup d’Infaco (autour de 1 000 €) permettent d’éliminer les gourmands sans avoir à se baisser.

 

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